Capture d’écran 2026-08-29 à 14.28.59

Sébastien Lecornu réaffirme ne pas être « candidat à la présidentielle »

Sébastien Lecornu a réaffirmé ne pas être « candidat à la présidentielle » et ne pas se « mêler » de la campagne pour l'élection du printemps prochain, dans un entretien publié ce samedi 29 août par Le Parisien.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Dans un entretien publié par Le Parisien, prié de confirmer qu’il ne sera pas candidat au scrutin du printemps, le Premier ministre a lancé : « Je ne sais pas dans quelle langue il faut que je le dise! », « je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle. Je ne me mêle pas de la campagne présidentielle ».

En retour, « je demande donc aux candidats à la présidentielle de ne pas entraver davantage l’action du gouvernement », a-t-il ajouté. Même s’il assure s’être « préparé depuis le premier jour à être censuré » par une Assemblée nationale sans majorité, le chef du gouvernement glisse au passage qu’il reprendra sa « liberté » s’il vient à tomber sur le budget. Selon Sébastien Lecornu, une absence de budget viendrait « rajouter un désordre domestique au désordre international » ce qui « nous mettrait dans une situation gravissime » sur le plan financier. « Le chantage (…), ça ne fonctionne pas avec nous », a répondu le chef des députés socialistes Boris Vallaud depuis les journées d’été du PS à Blois. « Il faut un budget pour la France », mais « ce ne sera pas le budget de M. Lecornu », a-t-il prévenu.

Une « réforme » des arrêts maladie

Faute de majorité et à moins de huit mois du premier tour de la présidentielle, le Premier ministre promet un budget « avec des mesures, pour beaucoup, réversibles, par la nouvelle majorité qui sortira des urnes », donc « un budget de premier semestre » uniquement.

Sans fixer d’objectif de déficit public à ce stade, il affirme que la guerre en Iran et le blocus du détroit d’Ormuz ont « tué toute perspective des 5% » du PIB, cible initiale pour 2026.

Face à cette crise, il confirme d’ailleurs vouloir « prolonger » les aides au carburant. De la même manière, il annonce « un plan de soutien et de sauvetage » pour aider les agriculteurs à « passer l’hiver » après un été de sécheresse, puis « un plan de relance pour 2027 ».

Pour le reste, au menu du budget, des « mesures difficiles », mais pas « brutales ». « L’État portera l’essentiel de l’effort. Les dépenses de l’État continueront d’augmenter, mais moins que l’inflation. Pour les collectivités locales, je proposerai que leurs dépenses de fonctionnement progressent au rythme de l’inflation », a-t-il détaillé. Les dépenses sociales « seront mécaniquement au-dessus de l’inflation, notamment à cause du vieillissement de la population ». Pas de gel du RSA ni des « petites retraites », mais la désindexation des plus fortes pensions par rapport à l’inflation est « sur la table » pour voir « comment les pensions de retraite de nos aînés pourraient être mises à contribution pour le soin des plus âgés ».

Sur les « abus » des arrêts maladie, il veut « lancer une vraie réforme avec les partenaires sociaux ». Quant au déremboursement de certains médicaments, il entend « poser la question » quand le bénéfice thérapeutique est « faible ».

Sébastien Lecornu, qui exclut à nouveau toute hausse d’impôts, a aussi estimé que reproduire la surtaxe sur les très grandes entreprises « enverrait un très mauvais signal aux investisseurs internationaux », promettant là aussi des « discussions ».

Invité à Sens (Yonne) dans le cadre de l’université d’été du Laboratoire de la République, M. Lecornu a par ailleurs de nouveau vivement critiqué la proposition de Jean-Luc Mélenchon de « brûler » une partie de la dette, y voyant « un des moyens de dire (…), on sort de l’euro+ » : « en plus d’être une faute morale, en plus d’être pernicieuse et perverse, c’est aussi une faute patriotique », a-t-il taclé.

(Avec AFP)

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Pen ok
7min

Politique

« Il n’était pas fiable » : le départ du conseiller de Jordan Bardella, François Durvye, de la campagne de Marine Le Pen, rappelle les divergences qui traversent le RN

Le divorce entre François Durvye, conseiller éco de tendance libérale, et Marine Le Pen, en plein débat au Medef, montre que le RN connaît encore des différences de lignes internes sur l’économie. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on assure que « Jordan Bardella n’a rien à voir là-dedans. C’est l’ego contrarié d’un haut fonctionnaire. Point ».

Le

Capture d’écran du documentaire « 39-45, les cheminots dans la résistance » de Emmanuel Roblin
3min

Politique

Les « docus de l’été » : Les cheminots français sous le nazisme, de résistants individuels à la paralysie du réseau

Instrument essentiel de la logistique en temps de guerre, les cheminots français ont très tôt mesuré l’utilité du réseau de chemins de fer pour l’ennemi. Dès 1942, et avant toute autre forme de résistance, ils ont agi pour faire dérailler la machine nazie. "39-45, les cheminots dans la résistance", un documentaire de Emmanuel Roblin à voir cet été sur Public Sénat.

Le

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le