French president attends the final seminar of the End-of-Life Convention

Nouveau Premier ministre : après Bernard Cazeneuve et Xavier Bertrand, l’hypothèse Thierry Beaudet

Le nom du président du Conseil économique, social et environnemental revient avec insistance dans la presse ce lundi matin. Selon plusieurs médias, Thierry Beaudet aurait accepté en fin de semaine dernière le principe d’une nomination à Matignon. En parallèle, Bernard Cazeneuve et Xavier Bertrand, autres potentiels premiers ministrables, étaient reçus à l’Elysée.
Romain David

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Un profil que personne n’avait vu venir. Thierry Beaudet, l’actuel président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), pourrait être nommé Premier Ministre d’ici demain, selon une information du journal L’Opinion. Alors qu’Emmanuel Macron a entamé ce lundi matin une énième journée de consultations, articulée autour de deux hypothétiques profils pour Matignon – Bernard Cazeneuve, l’ancien Premier ministre de François Hollande, et Xavier Bertrand, le président LR de la région Hauts-de-France -, la rumeur d’une future nomination de Thierry Beaudet a commencé à circuler en fin de matinée.

Selon L’Opinion, LCI et BFM TV, cet instituteur de formation, ancien président de la Fédération nationale de la mutualité française, aurait été approché par le chef de l’Etat en fin de semaine dernière, et aurait accepté le principe d’une nomination à Matignon. Ces derniers mois, Thierry Beaudet a participé à la mise en place de la Convention citoyenne sur la fin de vie – le projet de loi issu de ces consultations était en débat à l’Assemblée nationale au moment de la dissolution. Reste à savoir quelle sera la position des différents groupes politiques au Palais Bourbon face à ce profil bien moins politique que les autres personnalités évoquées ces derniers jours.

Bernard Cazeneuve déjà hors-jeu ?

Emmanuel Macron s’est entretenu un peu plus d’une heure ce lundi matin avec l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, premier nom d’une nouvelle volée de rencontres organisées par le chef de l’Etat, parmi lesquels les anciens présidents de la République François Hollande et Nicolas Sarkozy, mais aussi Xavier Bertrand, le président LR de la région des Hauts-de-France. Près de deux mois après le second tour des législatives anticipées, Emmanuel Macron est toujours à la recherche d’un locataire pour Matignon, susceptible de conduire des réformes sans être censuré par la nouvelle Assemblée nationale, dans un contexte de très forte fracturation politique.

Si le nom de Bernard Cazeneuve revient avec insistance depuis la semaine dernière, c’était toutefois la première fois que les deux hommes échangeaient depuis la dissolution. Alors que de nombreux commentateurs estiment qu’Emmanuel Macron n’a pas d’autre choix que de nommer à Matignon un homme issu de la gauche, l’hypothèse Bernard Cazeneuve pourrait semer le trouble au sein du Nouveau Front populaire, où l’ancien maire de Cherbourg n’a pas vraiment le vent en poupe.

Bernard Cazeneuve ne cesse de fustiger depuis 2022 le rapprochement des socialistes et des insoumis, au point d’avoir rendu sa carte du PS après la dernière présidentielle. Son arrivée à Matignon pourrait placer le parti à la rose dans l’embarras, exacerbant les fractures entre les sociaux-démocrates et les tenants d’une ligne plus radicale, incarnée par Olivier Faure, l’actuel Premier secrétaire du PS.

Alors que plusieurs responsables insoumis, comme Mathilde Panot, chef de file des députés LFI, ont déjà annoncé qu’ils censureraient un gouvernement Cazeneuve, les socialistes jouent de prudence, et invoquent le programme du NFP. S’il « obtient l’abrogation (de la réforme des retraites) je réfléchirais, bien sûr », a indiqué Olivier Faure sur BFMTV. Mais « pour l’instant, je ne sais pas ce que dit Bernard Cazeneuve […] si c’est un gel ou une suspension, une abrogation ». L’hostilité déjà manifestée par Bernard Cazeneuve contre le report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans, et donc la possibilité d’un détricotage de l’une des principales réformes du second quinquennat d’Emmanuel Macron, pourrait lui coûter le poste. Même si certains poids lourds de l’ancienne majorité estiment que de cet épineux dossier méritent d’être rouvert.

« La question c’est quelles sont ses marges de manœuvre pour mener des politiques qui sont orthogonales à celles de Macron ? », interrogeait en fin de semaine un haut responsable socialiste en marge du Campus d’été du PS à Blois. « Cazeneuve est une figure de la gauche historique et respectée par la droite dans sa fonction de ministre de l’Intérieur. C’est un homme d’Etat qui n’est pas un joueur. Il va se retrouver avec un joueur qui n’est pas un homme d’Etat. Je connais le sentiment personnel de Cazeneuve sur Macron, il le déteste. »

Reçu dans la foulée, François Hollande aurait appuyé la candidature de celui qui était ministre de l’Intérieur au moment des attentats de Paris. Favorable au rapprochement avec LFI pour contrer l’ascension du Rassemblement national pendant la campagne des législatives, l’ancien chef de l’Etat a qualifié de « faute institutionnelle » la décision d’Emmanuel Macron de ne pas nommer à Matignon Lucie Castets, la candidate proposée par les principales forces de gauche.

Xavier Bertrand attendu à l’Elysée dans la journée

L’éventuel retour aux affaires d’une ancienne figure du quinquennat de François Hollande est loin de ravir Nicolas Sarkozy, qui était attendu en milieu de journée par Emmanuel Macron. « Bernard Cazeneuve est un homme de qualité, loin des caricatures que l’on trouve chez d’autres responsables de gauche, mais qui hélas porte, sans doute de façon un peu injuste, la tunique d’un hollandisme finissant », a expliqué l’ancien président dans un entretien accordé au Figaro vendredi. Sans surprise, il appelle à la nomination d’un Premier ministre de droite, et continue de considérer que son ancienne famille politique devrait s’allier aux macronistes pour gouverner.

Interrogé sur Xavier Bertrand, qui sera reçu à l’Elysée en début d’après-midi, Nicolas Sarkozy estime qu’il s’agit d’un « bon choix ». Pour autant, la nomination de cet ancien ministre du Travail ne garantira pas le soutien des LR au nouveau gouvernement. Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, les chefs de file des parlementaires LR, continuent de camper sur une ligne d’indépendance.

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