Raphaël Glucksmann, lors d’un meeting de la campagne des européennes, le 1er juin à Marseille.
Raphaël Glucksmann, lors d'un meeting de la campagne des européennes, le 1er juin à Marseille.

Fiscalité, école, immigration : ce que propose Raphaël Glucksmann 

Raphaël Glucksmann, fondateur du parti Place publique, s’est déclaré dimanche soir candidat à l’élection présidentielle. Retour sur les propositions déjà dévoilées par le député européen. 
Alexandre Poussart

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Pas de surprise mais une clarification. Raphaël Glucksmann a annoncé dimanche soir sur le plateau de TF1, sa candidature à l’élection présidentielle et à la primaire du Parti socialiste. Après avoir publié un livre en mai dernier (“Nous avons encore envie” aux éditions Allary) et sillonné le pays ces derniers mois, le député européen et leader du parti Place Publique, a dévoilé une partie de son programme présidentiel.

Augmenter le salaire net en taxant les gros héritages

Lors de son intervention cette semaine, Raphaël Glucksmann a défendu l’une de ses propositions phares sur le revenu du travail et la taxation de l’héritage. “Nous augmenterons la rémunération nette des travailleurs français et nous le financerons en taxant les méga héritages, les 1% des plus gros héritages. Cela nous permettra de récupérer 15 milliards d’euros et de les transférer directement sur la fiche de paie des travailleurs français.” Raphaël Glucksmann estime que la France est en train de devenir “une société de privilèges comme sous l’Ancien Régime. Il y a 50 ans, les deux tiers du patrimoine étaient constitués par leur travail et un tiers par l’héritage. Aujourd’hui c’est exactement l’inverse.”

“Un plan de sauvetage de l’école”

Autre réforme d’envergure dans son programme, expliquée sur le plateau de TF1, “un plan de sauvetage de l’école publique”. “Je propose un plan sur 5 ans : d’abord la hausse de la rémunération des enseignants, ensuite une baisse du nombre d’élèves par classe en primaire et la rénovation du bâti scolaire. “Cela me retourne les tripes de voir l’état de l’école publique. Aujourd’hui, selon l’OCDE, nous avons l’école qui reproduit le plus les inégalités en Europe, qui maltraite le plus les enseignants. Un enseignant français en école primaire gagne moins qu’un enseignant portugais ou slovène.”

10 mois de service civique obligatoire

Concernant la jeunesse, le leader de Place Publique souhaite relancer les colonies de vacances qui accueillent trois fois moins d’enfants que dans les années 1980, en “garantissant à chaque enfant un séjour collectif, avec l’école et en dehors du cadre scolaire. Il propose également un service civique obligatoire qu’il détaille dans son livre : “Tous les jeunes Français et toutes les jeunes Françaises consacreront dix mois de leur vie à la nation. Ils sortiront de leurs quartiers respectifs pour se regrouper quelques semaines et iront ensuite œuvrer au bien et au lien commun dans les EHPAD ou les écoles, les services publics ou les associations.”

Une convention citoyenne sur l’immigration

Pour ne pas laisser ce thème de campagne au Rassemblement national et à la droite, le candidat social-démocrate fait des propositions sur les questions migratoires. Il souhaite instaurer une convention citoyenne sur l’immigration. « Au lieu de fuir le débat migratoire, nous l’assumerons et nous organiserons une convention citoyenne », écrit-il, avec des « citoyens tirés au sort, représentatifs », qui seront « confrontés aux données démographiques, économiques ou sécuritaires. Les tenants de l’immigration zéro devront écouter par exemple un petit patron ou un directeur d’hôpital expliquer la catastrophe que représenterait pour lui une fermeture totale des frontières. Ceux qui disent qu’il n’y a aucun problème devront, eux, analyser par exemple l’incapacité de notre État à appliquer les Obligations de quitter le territoire français (OQTF).”

Les propositions de cette convention citoyenne seront soumises au débat et au vote du Parlement. Une méthode déjà utilisée par Emmanuel Macron sur la fin de vie et le climat.

Retraites : les travailleurs en bonne santé “devront partir plus tard”

Sur l’épineux sujet des retraites, Raphaël Glucksmann promet “une réforme juste et ambitieuse” mais ne défend pas un retour à la retraite à 60 ans comme le promet la France Insoumise. “L’équité exige que ceux qui ont les carrières les plus hachées et les métiers les plus difficiles puissent partir à la retraite plus tôt. (…) Ceux qui ont une espérance de vie en bonne santé plus longue doivent en revanche partir plus tard”, écrit-il, sans entrer dans les détails. Nul doute que la réforme des retraites sera au cœur des débats de la primaire du Parti socialiste organisée en octobre prochain.

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