« La dette Covid va couvrir plusieurs générations » alerte François Baroin
Invité de l’émission Bonjour chez vous, le président de l’Association des maires de France est revenu sur la gestion de la crise sanitaire par l’exécutif, saluant la « réussite du confinement », mais réclamant une plus grande liberté pour les collectivités, et un étalement des dettes sur plusieurs années pour les entreprises.
Par Marylou Magal
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« Le confinement est une réussite », constate François Baroin. Invité de l’émission Bonjour chez vous, le président de l’Association des maires de France (AMF), dont le 103e congrès se déroule actuellement en visioconférence, est revenu sur l’allocution d’Emmanuel Macron prévoyant les différentes étapes d’un déconfinement progressif. Saluant la « réussite du confinement » qui aura permis « la réouverture d’un certain nombre d’activités professionnelles », François Baroin a également soulevé la question des restaurateurs, dont la réouverture devra attendre, a minima, le 20 janvier. « La perspective très lointaine du mois de janvier doit être interrogée », soutient le maire de Troyes. « Nos restaurateurs sont aux côtés de l’Etat dans la lutte contre la pandémie, mais il y a des enjeux de perspective, et il faudra en rediscuter. Nous verrons le premier ministre, sans doute dans les jours qui viennent, pour évoquer cette question. »
« Il y a un immense besoin de liberté locale »
Evoquant la gestion de crise par l’exécutif, le président de l’AMF soutient que, sur la question de l’ouverture des restaurants, comme sur d’autres problématiques, un arbitrage territorial est préférable à une gestion centralisée depuis Paris. « Nous ne sommes pas des adversaires de l’Etat », soutient-il. « Mais on est au rendez-vous d’un constat d’impuissance dans un cas, et d’un besoin immense de liberté locale, de respiration et d’organisation d’un nouveau partage des responsabilités publiques. Ce modèle-là d’un Etat suradministré à Paris, surcentralisé, dominé par un courant politique qui pense qu’en appuyant sur un bouton ça descend directement vers les territoires, ça ne marche pas depuis des années et c’est une mauvaise compréhension du fonctionnement de l’administration de notre pays. Il faut avoir une grande ambition en matière de décentralisation », réclame François Baroin. Interrogé sur le projet de loi « 3D », porté par la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault, censé apporter des réponses sur cette question, François Baroin reprend la formule du vice-président de l’AMF André Laignel : « Cette loi ne s’annonce pas comme un grand succès, quand on parle de 3D, s’agissant de décentralisation avec ce pouvoir, ça manque de relief ».
Interrogé sur les mesures économiques de soutien exceptionnelles mises en place par l’Etat, le maire de Troyes qualifie les prêts garantis de « bombe à retardement ». « L’Etat doit accepter de dire que c’est une forme de dette éternelle, à étaler sur un grand nombre d’années », estime-t-il. « On ne peut pas demander à une entreprise d’avaler tout son cash-flow pour rembourser ces prêts, quitte à marcher vers la mort. » Même constat concernant la dette de la France, qui atteint aujourd’hui 120 %, tandis que le déficit cumule à plus de 10 %. « La BCE, qui rachète toutes les dettes, est la pierre angulaire de ce dispositif. Mais la question de la dette du Covid va couvrir plusieurs générations. Il faut une dette perpétuelle, c’est-à-dire qu’on rembourse uniquement les intérêts et le capital, étalée sur 50 ans, 80 ans ou un siècle. Il faut être rassurants sur ce sujet, cela ne peut pas se traduire par des impôts, il faut plutôt imaginer comment relancer l’économie par une baisse de la fiscalité qu’augmenter les taxes et les impôts pour asphyxier ce qui restera d’activité. »
Invité des assises de la simplification, au Sénat, le premier ministre a assuré vouloir « réduire le volume des normes ». François Bayrou veut que « le préfet puisse être le coordinateur, le fédérateur, le régulateur de la totalité de l’ensemble de l’action de l’Etat sur le territoire », reprenant l’idée phare de la proposition de loi des sénateurs Pointereau-Pantel-Delcros, que le gouvernement soutient.
Interrogé sur les conséquences politiques de la condamnation de Marine Le Pen à une peine d’inéligibilité assortie d’une exécution provisoire, le président du Sénat a indiqué « respecter cette décision ». Toutefois, interpellé par la hausse du nombre de condamnations à des peines d’inéligibilité, Gérard Larcher propose « d’évaluer la loi et ses conséquences ».
La proposition de loi pour renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles sera étudiée ce jeudi 3 avril au Sénat. Aujourd’hui ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, qui avait déposé ce texte alors qu’elle était députée, milite pour rendre imprescriptibles les crimes sexuels sur mineurs devant la justice civile. Cet article avait été supprimé lors de l’examen du texte à l’Assemblée nationale. La responsable espère le voir réapparaître, car il « garantirait » selon elle « la capacité que la parole » des victimes « soit enfin entendue et recueillie par la justice ».
Alors que la date butoir pour présenter une contribution au congrès du Parti socialiste est ce samedi 5 avril, les auteurs du « nouveau socialisme » ont présenté la leur ce matin. Les députés Jérôme Guedj et Philippe Brun et les sénateurs Laurence Rossignol et Mickaël Vallet ont défendu un texte « démocratique, féministe, populaire et universaliste », qui marque clairement sa rupture avec la France Insoumise.