L’élection du Premier secrétaire du PS « pourrait se passer d’un mélange des genres », selon Patrick Kanner

L’élection du Premier secrétaire du PS « pourrait se passer d’un mélange des genres », selon Patrick Kanner

À deux mois du congrès socialiste, qui se tiendra après l’élection du Premier secrétaire du parti le 29 mars, les camps se dessinent. Soutien affiché de Stéphane Le Foll, le président du groupe PS au Sénat s’engage à ne pas « importer les débats du Congrès au sein » de son groupe et invite, entre les lignes, son homologue à l’Assemblée nationale, Olivier Faure, à faire de même.   
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

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« Chacun sait que j’ai soutenu et que je voterai pour Stéphane Le Foll », admet Patrick Kanner sur Territoires d’Infos, ce lundi. Le successeur de Didier Guillaume à la présidence du groupe socialiste du Sénat s’engage toutefois à ne « pas importer les débats du Congrès au sein du groupe socialiste républicain au Sénat » et invite en creux son homologue à l’Assemblée nationale à faire de même. Le Congrès des socialistes se tiendra les 7 et 8 avril prochains à Aubervilliers, les militants désigneront le nouveau Premier secrétaire du parti le 29 mars.

« Le Parti socialiste a aujourd’hui quatre candidats, quatre candidats masculins », précise Patrick Kanner. En effet, Delphine Batho, seule femme à s’être portée candidate, s’est vue refoulée faute de parrainage. Les adhérents socialistes auront donc à choisir entre le hollandais Stéphane Le Foll,  l’ancien vallsiste Luc Carvounas (désormais bien plus à gauche), Emmanuel Maurel situé à la gauche du PS et le président du groupe Nouvelle gauche à l’Assemblée nationale, Olivier Faure. Certains candidats étant peu connus du grand public, Patrick Kanner se dit « très favorable » à un débat pour définir les lignes politiques des uns et des autres.

« Entre Olivier Faure et Stéphane Le Foll il n’y a pas grand-chose (de différent) sur le plan idéologique », estime Patrick Kanner qui a affiché son soutien à l’ancien ministre de l’Agriculture avant même l’annonce de sa candidature. Si la candidature d’Olivier Faure ne semble pas le déranger sur le fond, Patrick Kanner a certaines choses à redire sur la forme. « Le groupe à l’Assemblée nationale à un président qui est maintenant candidat », observe-t-il tout en considérant que c’est à Olivier Faure de « décider » d’une éventuelle mise en retrait du fait de sa candidature. Mais en même temps, Patrick Kanner croit « que de manière tout à fait démocratique les deux mois qui viennent pourraient se passer d’un mélange des genres ».

« Ce qui est important pour moi c’est que quel que soit celui qui sortira vainqueur de cette compétition pacifique, il puisse incarner ce que devrait être le parti socialiste à savoir un parti social-démocrate, de gouvernement assumé, fier de ce qu’il a fait pendant le quinquennat en sachant dire ce qui n’a pas été bien fait pendant ce même quinquennat », insiste Patrick Kanner. Selon lui, la reconstruction du Parti socialiste devra s’accompagner d’une volonté de « rapatrier vers nous des personnes qui aujourd’hui soutiennent Emmanuel Macron et qui peut-être sont déçues par ses mesures économiques et sociales ». C’est donc un oui pour le rapatriement des militants mais pas pour celui des ministres.

« Comment voulez-vous être ministre du gouvernement En marche et membre du Parti socialiste ? », s’agace Patrick Kanner à propos de l’ancien ministre de la Défense de François Hollande et actuel ministre des Affaires étrangères d’Emmanuel Macron. Jean-Yves Le Drian est toujours membre du parti socialiste sur le papier, le chef du PS par intérim affirmait pourtant qu’il ne pourrait voter lors du prochain Congrès, sur Public Sénat.  Le scénario où Jean-Yves Le Drian participerait au vote « est presque insultant pour ceux qui ont choisi de passer le Rubicon. On ne peut pas être socialiste et En marche », affirme Patrick Kanner.  « Par respect pour les militants socialistes bretons, je crois que Jean-Yves Le Drian devrait s’abstenir de toute considération l’amenant éventuellement à vouloir voter  au sein du Parti socialiste », conclut-il.

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