Jusqu’à quand Jean Castex peut-il rester Premier ministre ?

Jusqu’à quand Jean Castex peut-il rester Premier ministre ?

Alors qu’il avait annoncé démissionner dans les « quelques jours » qui suivraient le 2nd tour, Jean Castex ne semble pas parti pour quitter Matignon tout de suite. C’est en tout cas ce qu’a annoncé Gabriel Attal à la sortie du Conseil des ministres. L’exécutif joue la montre, mais Jean Castex est-il obligé de démissionner ?
Louis Mollier-Sabet

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Un dernier pour la route ? Et elle serait longue de Matignon à Prades. Si l’identité du (ou de la) futur Premier ministre reste sujet aux traditionnelles spéculations de début de quinquennat, le Conseil des ministres de ce jeudi 28 avril ressemblait furieusement au dernier tour de piste de Jean Castex. Un Premier ministre n’a aucune obligation constitutionnelle de quitter son poste après une élection présidentielle, en tout cas jusqu’aux prochaines élections législatives, où une nouvelle majorité à l’Assemblée pourrait faire tomber le gouvernement. Pourtant la tradition, presque la logique, veut qu’un Premier ministre démissionne après une élection présidentielle, pour que le Président réélu puisse former une nouvelle équipe gouvernementale afin de lancer son deuxième quinquennat. C’est la fameuse « démission de courtoisie. »

Ce début de quinquennat échappe tout de même un peu à cette tradition, puisque c’est la première fois qu’un Président sortant est réélu en dehors d’une cohabitation. Il était logique pour François Mitterrand et Jacques Chirac fraîchement réélus, de prendre acte de l’alternance qu’avait validé la présidentielle de 1995 et 2002, en remplaçant le chef du gouvernement issu de l’opposition par un Premier ministre membre de leur majorité. En l’occurrence, Jean Castex n’aurait pas de raison politique de démissionner avant les élections législatives, mais il avait déjà annoncé le lundi 18 avril qu’il démissionnerait « quelques jours après le 24 avril » si Emmanuel Macron venait à être réélu.

« On se retrouve la semaine prochaine »

La couleur était donc annoncée et les ministres ont abordé cette semaine suivant la réélection d’Emmanuel Macron, qui aurait dû être une période d’euphorie, comme une sorte de calvaire. Il leur avait été demandé de faire leurs cartons, les dernières consignes administratives (archivage, RH) ont été données dans la semaine et les spéculations sur qui resterait et qui partirait allaient bon train. C’est dans cette ambiance paradoxale de début et de fin de règne à la fois, que s’est tenu le Conseil des ministres ce jeudi, avant « un buffet déjeunatoire » qui promettait de ressembler à une veillée funèbre plus qu’à une célébration pour certains ministres. Et pourtant, pressé de questions sur la composition du nouveau gouvernement, Gabriel Attal a bien assuré qu’il ne s’agissait pas « du dernier Conseil des ministres, ni évidemment du 1er quinquennat d’Emmanuel Macron, qui s’achève le 14 mai, ni de ce gouvernement. » Interloqués, les journalistes présents ont tenté d’en savoir plus, puisque les ministres étaient apparemment les premiers surpris.

Des textes pourraient-ils être présentés si un nouveau Conseil des ministres avait lieu mercredi prochain ? « Je ne peux pas vous faire d’annonce ici, en revanche je ne peux rien exclure. Du moment qu’il y a des Conseils des ministres il peut y avoir des textes présentés », a répondu le Porte-parole du gouvernement. Il semble que l’exécutif essaie de laisser un peu traîner la période de transition, histoire de lancer un nouveau gouvernement en pleine campagne législative. Jean Castex devrait donc bien démissionner, mais pas avant une semaine. Enfin, il n’y a pas de raison que les dernières semaines de ce quinquennat mouvementé dérogent à la règle. Si le « dans les jours qui suivent » annoncé par Jean Castex se sont transformés aujourd’hui en « dans les semaines qui suivent », un retournement inverse pourrait aussi avoir lieu. Gabriel Attal a conclu sa conférence de presse par un « on se retrouve la semaine prochaine » et un sourire bien compris. Le message – ambigu – est passé.

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