« Beaucoup d’incertitudes sur le rôle des enfants » dans la propagation du Covid-19 selon le Conseil scientifique
Auditionné au Sénat, le Conseil scientifique avertit du manque de connaissance sur le rôle des enfants dans la transmission du coronavirus. Et rappelle qu’il était opposé à la réouverture des écoles avant septembre. L’apparition d’une maladie rare chez les enfants infectés, appelée Kawasaki, inquiète et interpelle.

« Beaucoup d’incertitudes sur le rôle des enfants » dans la propagation du Covid-19 selon le Conseil scientifique

Auditionné au Sénat, le Conseil scientifique avertit du manque de connaissance sur le rôle des enfants dans la transmission du coronavirus. Et rappelle qu’il était opposé à la réouverture des écoles avant septembre. L’apparition d’une maladie rare chez les enfants infectés, appelée Kawasaki, inquiète et interpelle.
Public Sénat

Par Jérôme Rabier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Covid-19 n’a que quelques mois d’existence et représente un défi pour la communauté scientifique mondiale. Ainsi, alors que les enfants étaient jusque-là plutôt épargnés, des découvertes récentes d’une maladie très rare chez de jeunes patients infectés sème le trouble.

Interrogés sur ce point lors de leur audition par la commission des affaires sociales du Sénat, Jean-François Delfraissy et Arnaud Fontanet, respectivement président et membre du Conseil scientifique sur le Covid-19, se sont montrés prudents.  Épidémiologiste à l’Institut Pasteur, Arnaud Fontanet avoue qu’ « il y a beaucoup d’incertitude sur le rôle que les enfants peuvent jouer dans la transmission du virus », notamment car étant moins hospitalisés, il y a eu moins d’études à leur sujet.

Une étude à venir

« On ne sait pas s’ils sont aussi contagieux que les adultes » a-t-il ajouté. C’est pourquoi le Conseil scientifique avait recommandé une fermeture des écoles jusqu’en septembre. Un avis qui n’a pas été suivi au sommet de l’État. Depuis cette décision du président de la République, « nous échangeons régulièrement avec le gouvernement et Emmanuel Macron (…), et il y a une étude qui est menée à Crépy-en-Valois (un des premiers foyers de contamination dans l’Oise N.D.L.R. ), dans six écoles maternelles, chez qui on va essayer de voir s’ils ont été infectés pendant la période épidémique en février. Les résultats seront très instructifs » prévient Arnaud Fontanet.

Citant l’exemple d’études partielles en Australie et en Islande, il conclue qu’il existe « un faisceau d’arguments qui laisse entendre que sur les moins de 10 ans la situation est probablement moins sévère que chez l’adulte, qu’ils sont moins susceptibles à l’infection et moins contagieux mais on doit pouvoir le vérifier sur des données » insiste-t-il.

Le mystère de la maladie de Kawazaki

Pour le Conseil scientifique, la maladie de Kawasaki « restera quelque chose de rare »
02:16

 

Mais ce qui inquiète les chercheurs comme les sénateurs qui ont interrogé le Conseil scientifique, c’est l’apparition d’une maladie rare, dite maladie de Kawasaki, qui toucherait les enfants infectés par le coronavirus. « Nous avons effectivement eu une alerte lancée par nos collègues anglais » informe Arnaud Fontanet. « On soupçonne que c’est une réaction inflammatoire de l’organisme à un agent infectieux encore inconnu » précise-t-il, ajoutant que cela touche des enfants qui ont été infectés par le Covid-19 environ un mois auparavant. Des cas ont ainsi été recensés en Angleterre, en Italie mais aussi en France ou en Belgique. Arnaud Fontanet se veut toutefois rassurant : « Je pense que cela restera quelque chose de rare même s’il faut le documenter ».

Jean François Delfraissy, le président du Conseil scientifique a ainsi conclu en rappelant « qu’il faut rester modeste sur le plan scientifique puisque nous-même nous avons écrit et dit il y a une dizaine de jours qu’un des points particuliers de l’infection chez l’enfant était la rareté des formes graves ». Une vérité de l’instant qui pourrait être contredite en cas de multiplication de ces cas de maladie rare mais grave.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le