Covid-19 : « On a trouvé trop de personnes âgées décédées chez elles »

Covid-19 : « On a trouvé trop de personnes âgées décédées chez elles »

Les professionnels et associations au service des personnes âgées ont été auditionnés ce mardi devant la commission d’enquête du Sénat sur la gestion de la crise du coronavirus. Ils dénoncent de nombreux dysfonctionnements. 
Alexandre Poussart

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La commission d’enquête du Sénat sur la gestion de la crise du coronavirus a repris ses travaux ce mardi en auditionnant les professionnels et associations au service des personnes âgées. Ces derniers ont raconté le lourd calvaire vécu par les aînés dépendants en établissements ou à domicile. 

Le drame des personnes âgées isolées à domicile 

Devant les sénateurs, les acteurs de la prise en charge à domicile ont dénoncé l’isolement des aînés pendant la période du confinement. « On a trouvé beaucoup trop de personnes âgées décédées chez elles parce qu’elles n’avaient pas mangé ou pas bu », raconte Joëlle Martinaux, présidente de l’union nationale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (Unccas). « Rien ne justifie qu'on mette en isolement total des personnes très âgées. » Les professionnels du secteur décrivent le syndrome du glissement : des personnes, autonomes avant la crise, sont devenues dépendantes à cause du confinement et du manque de visites de leurs proches. De plus, « les aidants à domicile ne pouvaient pas se fournir en masques car ils n’étaient pas soignants », souligne Clémentine Cabrières, à la tête de l’association française des aidants. 

Ehpad : les directeurs dénoncent un manque d’information de l’Etat

Covid-19 : les directeurs d'Ehpad dénoncent le manque d'information de l'Etat au début de la crise
01:50

Dans les Ehpad, le bilan est tout aussi négatif, avec actuellement 14 000 personnes décédées depuis le début de l’épidémie. Les représentants de directeurs d’établissements ont dénoncé un manque d’information de la part des autorités sanitaires, notamment au début de la crise. « Début février, nous avons écrit à Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, pour avoir des informations sur les protocoles sanitaires. Nous n’avons eu aucune réponse pendant un mois », explique Florence Arnaiz-Maumé, Déléguée général du SYNERPA, syndicat national des établissements et résidences privées pour personnes âgées. « Olivier Véran nous a réunis enfin le 3 mars. Au final, nous avons pu mettre en place tous les protocoles mais toujours avec 3 semaines de retard. »

La crise a exacerbé le manque de moyens des Ehpad

Au plus fort de la crise, certains résidents ont été victimes de dénutrition dans les établissements en manque d’effectifs, car les mesures sanitaires prenaient plus de temps au personnel comme le service de restauration en chambre et non en réfectoire. Cette épidémie a soulevé le manque de moyens dont souffre le secteur.  « On ne peut pas faire abstraction de la situation avant Covid. Nos Ehpad manquent de professionnels. Ils faut plus de professionnels, mieux rémunérés et organisés différemment », a martelé, face aux sénateurs, Jean-Pierre Riso, président de la fédération nationale des associations de directeurs d'établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa). 

Un défi auquel devra répondre le prochain projet de loi contre la dépendance présentée d’ici à la fin de l’année.

Dans la même thématique

Covid-19 : « On a trouvé trop de personnes âgées décédées chez elles »
5min

Politique

Défense, sécurité, immigration : en position de force à Bruxelles, la droite européenne affirme sa feuille de route

Plus grand groupe au Parlement européen, le PPE est désormais aussi largement représenté au Conseil. Réunis au Sénat pour leurs journées parlementaires, les eurodéputés du groupe sont en position de force pour imposer leur agenda à Bruxelles. Dans ce contexte, le chef de file des eurodéputés LR, François-Xavier Bellamy, appelle la droite française à « se reconstruire », pour être « un partenaire à la hauteur ».

Le

Paris: Sarkozy Stands Trial Over Alleged Libya Financing
2min

Politique

Procès libyen : sept ans de prison et 300 000 euros d'amende requis contre Nicolas Sarkozy

Les magistrats ont demandé ce jeudi 27 mars contre l’ancien président de la République une peine de sept ans de prison ferme et 300 000 euros d’amende dans l’affaire du financement libyen de sa campagne de 2007. Dans un message sur ses réseaux sociaux, l’intéressé a voulu dénoncer la partialité du Parquet national financier. Le jugement sera rendu dans plusieurs mois.

Le

Covid-19 : « On a trouvé trop de personnes âgées décédées chez elles »
3min

Politique

Convocation d’Alexis Kohler devant la commission d’enquête sur les eaux en bouteille : « Lorsque l’on n’a rien à se reprocher, il vaut mieux venir », estime Laurent Burgoa

Laurent Burgoa, le président de la commission d’enquête du Sénat sur les eaux en bouteille espère qu’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée, se rendra devant la commission d’enquête le 8 avril prochain. Par ailleurs, il déplore l’attitude adoptée par Nestlé Waters devant l’instance parlementaire, et désire que les travaux de cette commission débouchent sur une proposition de loi.

Le