Eric Zemmour : Les Rencontres Economiques de Reconquete

Parlement européen : « Le parti d’Eric Zemmour va siéger avec les identitaires les plus radicaux, dont des néonazis », explique le politologue Erwan Lecoeur 

Reconquête, le parti d’Eric Zemmour, avec son unique eurodéputée Sarah Knafo, rejoint le nouveau groupe « Europe des nations souverainistes » dans l’hémicycle strasbourgeois. Un groupe créé par l’AFD, la formation d’extrême droite allemande, jugée infréquentable par le Rassemblement national.
Alexandre Poussart

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L’extrême droite ne cesse de se recomposer au Parlement européen. Après le ralliement du Rassemblement national au groupe Les Patriotes pour l’Europe, créé par le Premier ministre Viktor Orban, proche de la Russie de Vladimir Poutine, le parti Reconquête d’Eric Zemmour rejoint le nouveau groupe créé par l’AFD, le parti d’extrême droite allemand.

Ce groupe nommé “Europe des nations souveraines” est composé pour le moment de 25 eurodéputés venant de 8 Etats-membres différents. Le plus gros contingent revient à l’AFD avec 14 eurodéputés allemands. On y retrouve notamment d’autres formations d’extrême droite : trois eurodéputés du parti bulgare Wasraschdane et trois élus du parti polonais Konfederacja. Sarah Knafo sera la seule eurodéputée de Reconquête à siéger dans ce groupe, puisque Marion Maréchal, suivie par Guillaume Peltier, Nicolas Bay, et Laurence Trochu ont quitté le parti d’Eric Zemmour, juste après les élections européennes, pour s’allier avec le Rassemblement national.

« Cela signifie que le parti d’Eric Zemmour va siéger avec les identitaires les plus radicaux en Europe, dont des néonazis », explique le politologue spécialiste de l’extrême droite, Erwan Lecoeur. « La ligne politique sera anti-islam et anti-immigrés et basée sur la théorie du Grand remplacement qui se diffuse depuis plusieurs années, en France, mais aussi dans d’autres pays européens. »

 

L’AFD jugée infréquentable par le RN

 

Le groupe « Europe des nations souveraines » sera présidé par René Aust, élu de l’AFD, un parti qui était, dans le passé, allié avec le Rassemblement national, mais avec qui Marine Le Pen a rompu politiquement pendant la campagne des élections européennes, certaines polémiques le rendant infréquentable pour le RN.

En janvier dernier, le média d’investigation allemand Correctiv avait révélé que des membres de l’AFD avaient participé à une réunion, avec des néonazis autrichiens, autour d’un projet de remigration en Allemagne, c’est-à-dire d’expulsion d’étrangers mais aussi de citoyens allemands d’origine étrangère. Pendant la campagne des européennes, le candidat tête de liste de l’AFD, Maximilian Krah, avait déclaré que « pendant la Seconde guerre mondiale, un SS n’était pas automatiquement un criminel ». Autre affaire visant Maximilian Krah : ses collaborateurs sont soupçonnés d’espionnage des institutions européennes, pour le compte de la Russie et de la Chine.

« Depuis un an, toutes ces affaires ont fait perdre des points à l’AFD dans l’opinion publique allemande, mais cette formation a quand même réussi à faire rentrer 14 députés au Parlement européen, » commente Erwan Lecoeur.

« Ce petit groupe repoussoir va normaliser Marine Le Pen, Giorgia Meloni et Viktor Orban en Europe »

 

A l’extrême droite de l’hémicycle européen, le nouveau groupe « Europe des nations souveraines » s’ajoute à deux formations plus importantes : le groupe des Patriotes pour l’Europe (84 députés), formé cette semaine autour d’une alliance entre le Hongrois pro-russe Viktor Orban et le Rassemblement national, et le groupe des Conservateurs Réformistes et européens (78 députés), de droite radicale, dirigé par la formation Fratelli d’Italia, la présidente du Conseil italien. ( Lire notre article).

« Ce petit groupe repoussoir autour de l’AFD va normaliser les groupes de Marine Le Pen, Giorgia Meloni et Viktor Orban, comme Eric Zemmour avait normalisé Marine Le Pen à la présidentielle 2022 », estime le politologue. Avec près de 190 eurodéputés sur 720, l’extrême droite, sortie renforcée des élections européennes, va peser dans le fonctionnement des institutions européennes. « Giorgia Meloni va essayer d’aller chercher des postes au sein des institutions européennes, et sur certains textes, des alliances nouvelles peuvent se former entre la droite et l’extrême droite. » Durant la précédente mandature, les voix de l’extrême droite et de la droite du Parti populaire européen, premier groupe de l’hémicycle, s’étaient unies pour affaiblir certaines dispositions du Pacte vert.

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