C’est l’évènement politique de la semaine. Dans l’affaire des emplois fictifs d’assistants parlementaires RN, Marine Le Pen a été condamnée à 4 ans de prison dont deux ferme, 100 000 euros d’amende et surtout 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire c’est-à-dire non suspensive d’appel. Si la peine avec exécution provisoire est confirmée en appel, elle ne pourra se présenter à la prochaine élection présidentielle.
Alors que ses soutiens invoquent « une atteinte gravissime à la démocratie », la présidente du groupe communiste, Cécile Cukierman répond : « Ce qui poserait un problème démocratique, ce serait de ne pas appliquer les décisions de justice […] Il n’y a pas de problème démocratique à ce que les lois de la République française soient appliquées par la justice française ».
La sénatrice ne veut pas faire le lien entre le calendrier judiciaire et politique, même si la décision du second procès en appel devrait être rendue à l’été 2026. « Quand il y a des décisions de justice, elles ne tombent pas forcément au moment où on le souhaiterait et pour autant pour tous les citoyens, elle s’applique. Il ne faudrait pas, au nom de certains intérêts, qu’une décision d’appel soit rendue à la va-vite, qui donne raison à Marine Le Pen, et qui demain poserait d’autres soucis ».
Marine Le Pen pourrait se prévaloir d’une nouvelle législation. Éric Ciotti, patron des députés UDR à l’Assemblée et allié du RN, a déposé une proposition de loi visant à supprimer cette exécution provisoire pour les peines d’inéligibilité. « L’exécution provisoire sur la peine d’inéligibilité n’est pas nouvelle, et personne ne s’en est ému plus que ça […] Il ne faut jamais légiférer à un fait d’actualité. Aujourd’hui, je ne demande pas de loi pour supprimer l’exécution provisoire pour sauver Marine Le Pen », précise-t-elle.