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[Info Public Sénat] Groupe LR du Sénat : Roger Karoutchi retire sa candidature, laissant le champ libre à Mathieu Darnaud

C’est par un court message envoyé à ses collègues, que Roger Karoutchi a annoncé retirer sa candidature à la présidence du groupe LR, « à la demande expresse de Bruno Retailleau ». Cette décision intervient alors qu’un autre candidat, Mathieu Darnaud, a annoncé vouloir briguer la succession du ministre de l’Intérieur.
François Vignal

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Coup de théâtre au Sénat. Le sénateur LR des Hauts-de-Seine, Roger Karoutchi, retire finalement sa candidature à la présidence du groupe LR du Sénat. C’est par un court message envoyé par mail, ce vendredi matin, qu’il a annoncé sa décision aux sénateurs du groupe.

« Cher(e) s collègues, à la demande expresse de Bruno Retailleau, qui m’avait demandé de le remplacer le temps de sa mission ministérielle, par loyauté et fidélité, je retire ma candidature au poste de président de groupe. Amitiés, Roger », a simplement annoncé l’ancien ministre des Relations avec le Parlement, a appris publicsenat.fr de sources parlementaires. Un retrait confirmé par l’entourage de Roger Karoutchi.

Après la nomination de Bruno Retailleau à l’Intérieur, Roger Karoutchi était le seul candidat déclaré, mardi, lors de la réunion de groupe, avec l’idée d’un intérim, en cas de retour du sénateur de Vendée au Sénat et d’échec du gouvernement.

Mathieu Darnaud officiellement « candidat » à la tête du groupe

La décision du sénateur des Hauts-de-Seine laisse le champ libre à Mathieu Darnaud, 1er vice-président du Sénat. Comme publicsenat.fr le révélait jeudi, le sénateur LR de l’Ardèche a décidé d’être candidat. Jeudi, en fin de journée, il annonçait sa candidature à ses collègues.

C’est désormais officiel. « Je suis candidat », annonce à publicsenat.fr Mathieu Darnaud ce vendredi. Le sénateur de l’Ardèche assure de sa « volonté de travailler pour l’avenir du groupe, un groupe qui sera essentiel et charnière, comme il l’a déjà été. Et je m’inscris dans la continuité du travail accompli, avec l’ensemble des collègues, sous l’impulsion de Bruno Retailleau et de Gérard Larcher, avec quelque chose d’essentiel : c’est l’indépendance du Sénat ».

Un poste de ministre décliné par Mathieu Darnaud

La décision de Mathieu Darnaud de se lancer a certainement joué dans le retrait de Roger Karoutchi. Bruno Retailleau lui a d’ailleurs demandé de se retirer jeudi soir, au moment où la candidature du sénateur de l’Ardèche se précisait.

Proche du président du Sénat, Gérard Larcher, ce dernier avait poussé le nom de Mathieu Darnaud lors de la composition du gouvernement. Il aurait même décliné un portefeuille. « On lui avait proposé le poste de ministre des Outre-mer, qu’il a refusé. Lui rêvait des collectivités », confie-t-on. En cas d’élection à la tête du groupe, ce poste de premier vice-président du Sénat sera remis en jeu. Un nouveau titulaire devra être désigné, au sein du groupe LR. De quoi susciter les vocations…

« L’issue était incertaine »

Un sénateur se disait ce matin « surpris », en apprenant la nouvelle. « J’avais eu Roger hier, et il me disait qu’il avait fait ses comptes et qu’il se sentait plutôt optimiste. J’imagine qu’il ne se retire pas de gaieté de cœur », dit cet élu, « c’est une élection très particulière. On se connaît tous. Pour la plupart, on est amis, même s’il peut y avoir quelques rivalités ».

Si aucun autre candidat ne se déclare, le groupe LR s’évitera ainsi un vote, avec un risque de division dans cette période déjà difficile politiquement. « Mathieu avait quand même une certaine notoriété dans le groupe et Roger a sûrement senti que ça allait être compliqué pour lui. Il ne voulait pas non plus rentrer dans l’affrontement direct, même si ce n’est pas un affrontement », pense un de ses collègues. Un autre ajoute que « l’issue était incertaine ». Ce sénateur LR rappelle que « c’était il y a pile un an qu’il a connu une défaite face à Cédric Perrin, lors d’un vote interne pour la présidence de la commission des affaires étrangères. Il s’est peut-être dit qu’il allait éviter ça ». Ou plutôt Bruno Retailleau, puisque c’est le ministre qui a insisté pour que le sénateur des Hauts-de-Seine se retire. « Ils l’ont débranché et c’est Darnaud qui devient le candidat de Retailleau et Larcher », analyse un sénateur LR.

« Si Mathieu Darnaud quitte son poste de 1er vice-président, ce n’est pas pour faire un intérim de courte durée »

Selon un des soutiens de l’Ardéchois, la manière dont les choses se sont passées, avec Roger Karoutchi d’abord intronisé candidat officiel… est mal passée. « On ne pouvait pas nous imposer quelque chose comme ça, d’emblée, sans une discussion, un vote. Ça s’est fait un peu vite, sans trop de réflexion, sans contact. Même si je le comprends, mais on pouvait peut-être prendre 48 heures de réflexion », avance un sénateur LR.

« Roger, c’était un candidat de consensus pour Retailleau et Larcher, dans une période incertaine. Il faisait le job dans une forme de continuité, pour éviter toute explosion, tout éclatement », ajoute un sénateur. Mais c’était avant « la candidature de poids de Mathieu Darnaud ».

Les soutiens du sénateur de l’Ardèche insistent sur la dimension de « renouvellement », qu’ils estiment nécessaire, au sein des postes à responsabilité de la Haute assemblée. Une petite révolution de palais en somme. Car vendredi, les sénateurs interrogés n’imaginaient pas vraiment Mathieu Darnaud garder bien la place au chaud pour Bruno Retailleau. « S’il quitte son poste de 1er vice-président, ce n’est pas pour faire un intérim de courte durée. Je pense qu’il aura à cœur de s’engager, notamment pour les municipales et sénatoriales de 2026. Et que la participation au gouvernement Barnier ne soit pas au détriment du groupe LR », avance un sénateur qui a échangé avec lui.

« Si Darnaud prend la place, c’est pour y apporter sa touche. Ce n’est pas simplement pour mettre sur sa carte de visite « président de groupe » »

Que fera-t-il de la présidence, s’il est bien élu ? Faut-il y voir une rampe de lancement vers, un jour, peut-être, le Plateau, c’est-à-dire la présidence du Sénat ? Les sénateurs multiplient les conjectures depuis hier. Certains pensent que rester vice-président serait une meilleure place, si tel était son objectif. Mais la présidence de groupe pourrait déjà lui permettre d’exister sur la scène politique nationale, au moment où beaucoup va se jouer au Parlement, notamment dans un Sénat renforcé par la situation politique. « Il veut prendre visiblement la lumière que donne le poste de président de groupe », pense un membre du groupe. Aux yeux de certains, la candidature Darnaud, « c’est aussi un peu la jeune garde, qui est impatiente, qui veut tout, tout de suite ».

S’il va continuer avec les vice-présidents actuels du groupe, Frédérique Puissat et Laurent Somon, il pourrait désigner des porte-parole. « S’il prend la place, c’est pour y apporter sa touche. Ce n’est pas simplement pour mettre sur sa carte de visite « président de groupe » », prévient un soutien. Un autre, qui voit aussi d’un bon œil sa candidature, ajoute dans un sourire : « L’appétit vient en mangeant »…

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