À l’issue d’une heure et demie de prise de parole des groupes politiques, un moment qu’il a qualifié de « stimulant », le Premier ministre a eu un mot de remerciement pour les présidents qui lui ont apporté un soutien. « Je sais que ce soutien, ce n’est pas un chèque en blanc. Je sais qu’il est vigilant, que vous jugerez le gouvernement sur ses actes pus que sur ses discours. Je ne demande pas autre chose », a précisé Michel Barnier, qui s’est employé à répondre durant vingt minutes aux orateurs qui l’ont précédé.
Le nouvel hôte de Matignon a également répondu aux groupes de gauche, qui ont mis en doute sa légitimité à gouverner. Le président du groupe écologiste Guillaume Gontard a notamment employé l’expression de « déni de démocratie ». « Je ne vais pas faire de polémique, parce qu’on n’a pas de temps à perdre », a d’abord réagi le Premier ministre, avant de rappeler la configuration de l’Assemblée nationale. « Il y a un socle qui est le plus important et c’est ça ma légitimité. Vous ne pouvez pas le contester. »
Michel Barnier a ensuite ajouté que le gouvernement aurait pu être « encore plus pluriel », s’il n’avait « pas reçu des réponses négatives » de la part de certaines personnalités politiques. Quant à Patrick Kanner, désormais à la tête du premier groupe d’opposition au gouvernement au sein du Sénat, Michel Barnier a regretté le « fond » de son discours. « J’ai encore du travail à faire pour vous convaincre de cet esprit du compromis ».
À huit jours de la présentation du projet de loi de finances, et alors que des premiers éléments ont filtré de la copie envoyée il y a quelques heures au Haut Conseil des finances publiques, Michel Barnier a réaffirmé combien ce moment serait décisif. « Si on ne fait pas un effort collectif, on va sacrifier l’avenir », a-t-il prévenu. Le Premier ministre s’est engagé à davantage écouter le Sénat. Le centriste Hervé Marseille, par exemple, avait rappelé que les pistes d’économies adoptées par la droite et le centre il y a un an, pour un montant de sept milliards d’euros, n’avaient pas été reprises par l’exécutif à l’époque. « Je vais à nouveau regarder les propositions évoquées […] Peut-être qu’on ne les a pas toutes bien vues […] Je suis ouvert, dans un cadre budgétaire contraint, à des améliorations. Je serai constructif sur ce plan-là. »
De façon plus globale, l’ancien sénateur de Savoie a répété son intention de se nourrir des contributions des assemblées parlementaires, qu’il s’agisse des résultats des travaux de contrôle ou des propositions de loi. « Nous allons éviter de réinventer tout car vous avez beaucoup travaillé », a salué le Premier ministre.
L’ancien commissaire européen veut également associer davantage les parlementaires avec les textes en construction au niveau européen, des projets de directives ou de règlements dont le processus commence trop souvent « dans l’indifférence nationale », selon lui. « Il est très important, dans le processus démocratique, que vous ayez une alerte sur des textes importants, par le gouvernement, les parlementaires européens, qu’on vous apporte un matériau qui vous permettra d’ouvrir des débats. »