Sondage : 58 % des Français ont déjà renoncé à des soins à cause des délais d’obtention des rendez-vous

Sondage : 58 % des Français ont déjà renoncé à des soins à cause des délais d’obtention des rendez-vous

Alors que quatre candidats à la présidentielle participaient à un « grand oral » organisé mardi matin par la Mutualité française, un sondage Harris Interactive, révèle que 66 % des Français estiment que les prétendants à l’Elysée ne parlent pas assez de santé.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Après deux années de crise sanitaire, la santé et la dépendance figurent parmi les principales sources de préoccupations pour plus de 2 Français sur 3. Selon un sondage Harris Interactive réalisé pour la Mutualité Française, 43 % des Français considèrent que le système de santé fonctionne mal et 66 % estiment que les candidats à la présidentielle ne parlent pas assez de santé.

Quatre candidats à la présidentielle, Valérie Pécresse (LR), Anne Hidalgo (PS), Yannick Jadot (EELV) et Fabien Roussel (PSF) présentaient justement leurs propositions lors d’un « grand oral » organisé par la Mutualité Française et diffusé sur Public Sénat.

Parmi les sujets « santé » que les Français souhaitent voir aborder en priorité, l’accès aux soins pour tous arrive en première position (41 % des citations) suivi du financement de la protection sociale (30 % des citations). Faisant écho à l’actualité, la gestion des crises sanitaires et la prise en charge des personnes en situation de perte d’autonomie arrivent 3e et 4e au classement.

En ce qui concerne l’accès aux soins, plus de la moitié des personnes interrogées (58 %) déclarent avoir déjà renoncé à des soins de santé en raison des délais d’obtention d’un rendez-vous. 50 % y ont renoncé pour des raisons financières et 42 % car le professionnel de santé était situé trop loin.

A ce sujet, l’augmentation du nombre de médecins et d’hôpitaux apparaît comme une évolution prioritaire pour 87 % des Français et une revalorisation des salaires des professionnels de santé à l’hôpital serait souhaitable pour 81 % des Français.

Les Français sont, par ailleurs, très majoritairement préoccupés (76 %) par le risque de dépendance et de perte d’autonomie.

Enfin, peut-être un effet de la pandémie sur nos modes de vie, 75 % des Français se disent favorables au partage de leurs données médicales avec les professionnels de santé et 61 % avec les organismes publics, 42 % avec les entreprises privées comme Doctolib. En 2017, ils n’étaient que 14 % à être favorable au partage de leurs données avec les entreprises privées.

Méthodologie

Enquête réalisée en ligne du 26 janvier au 2 février 2022 auprès d’un échantillon de 3 016 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. La méthode des quotas et redressement sont appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

 

Dans la même thématique

Paris : illustrations of assize court of Paty s trial
5min

Société

Procès de l'assassinat de Samuel Paty : tous les accusés ont été reconnus coupables

Les deux amis de l’assassin du professeur Samuel Paty, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, ont été reconnus coupables de complicité d’assassinat et condamnés à 16 ans de réclusion criminelle. Le verdict a été accueilli par des cris et des pleurs de la part de la famille de Naïm Boudaoud, âgé de 22 ans. « Ce soir, c’est la République qui a gagné », s’est félicité Thibault de Montbrial, avocat de Mickaëlle Paty, une des sœurs du professeur assassiné. La cour a également déclaré coupables d’association de malfaiteurs terroriste les deux auteurs de la « campagne de haine « qui ont fait de Samuel Paty une « cible » : Brahim Chnina, 52 ans et le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui, 65 ans, ont écopé respectivement de 13 et 15 ans de réclusion criminelle. « J’ai compris que vous avez fait de la politique, pas de la justice », s’est exclamé depuis son box Abdelhakim Sefrioui avant d’être sèchement interrompu par le président, tandis que la famille de Brahim Chnina, très nombreuse sur les bancs du public, éclatait en sanglots et cris de désespoir. Vincent Brengarth, un des avocats d’Abdelhakim Sefrioui, a annoncé aussitôt que son client faisait appel de sa condamnation. Ouadie Elhamamouchi, autre avocat du prédicateur, a estimé que son client était désormais « un prisonnier politique ». « Je me désolidarise de ces propos-là », a cependant nuancé Me Brengarth, montrant des failles dans la défense du prédicateur. Avocat de la compagne de Samuel Paty et de leur fils, présent à l’audience, Francis Szpiner s’est félicité d’un « verdict équilibré ». Le fils de Samuel Paty, âgé seulement de 9 ans, a compris que « justice a été rendue pour son père », a-t-il ajouté. Si le quantum des peines n’est pas très différent de ce que réclamait le parquet, la cour présidée par Franck Zientara a choisi de maintenir l’infraction de « complicité » pour les deux amis d’Abdoullakh Anzorov, un islamiste radical tchétchène de 18 ans, abattu par la police peu après son acte. Les quatre autres accusés, dont une femme, appartenant à la « jihadosphère » qui était en contact avec Anzorov sur les réseaux sociaux, ont également tous été condamnés à des peines de prison ferme ou avec sursis. Pour deux d’entre eux (Ismaël Gamaev et Louqmane Ingar) la cour a retenu l’association de malfaiteurs terroriste tandis qu’elle a déclaré coupable Priscilla Mangel de provocation au terrorisme et Yusuf Cinar d’apologie du terrorisme. La veille de l’attentat, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov avaient accompagné Anzorov à Rouen pour y acheter un couteau (pas celui qui a servi à décapiter Samuel Paty) qui sera retrouvé sur la scène de crime. A l’audience, Boudaoud et Epsirkhanov ont répété qu’Anzorov leur avait expliqué que ce couteau était « un cadeau » pour son grand-père. Le jour de l’attentat, le 16 octobre 2020, Boudaoud, le seul sachant conduire, avait accompagné le tueur dans un magasin de pistolets airsoft puis l’avait déposé à proximité du collège où enseignait Samuel Paty. « Volonté de s’attaquer à l’intégrité physique d’un tiers » Les deux jeunes gens « avaient conscience de la radicalité » d’Anzorov et qu’il « avait la volonté de s’attaquer à l’intégrité physique d’un tiers », a estimé la cour. Cependant, a souligné le président Zientara, « il n’est pas démontré que (les deux jeunes gens) étaient avisés de l’intention d’Anzorov de donner la mort à Samuel Paty ». Les magistrats du Pnat avaient requis 14 ans de réclusion assortie d’une période de sûreté des deux tiers contre Boudaoud et 16 ans de réclusion également assortie d’une période de sûreté des deux tiers contre Epsirkhanov. La cour n’a cependant pas retenu la période de sûreté des deux tiers à leur encontre. Brahim Chnina, père de la collégienne qui a menti en accusant le professeur d’avoir discriminé les élèves musulmans de sa classe lors d’un cours sur la liberté d’expression où il a présenté une caricature de Mahomet, avait lui posté des messages et une vidéo hostile au professeur dès le 7 octobre. Quant à Abdelhakim Sefrioui, fondateur de l’association (aujourd’hui dissoute) pro-Hamas « Collectif Cheikh-Yassine », il avait qualifié Samuel Paty de « voyou » dans une autre vidéo. Mais rien ne prouve qu’Anzorov avait vu la vidéo d’Abdelhakim Sefrioui, avaient mis en avant ses avocats, ajoutant que leur client n’avait pas rencontré l’assassin de Samuel Paty. « La cour a considéré que (MM. Chnina et Sefrioui) avaient préparé les conditions d’un passage à l’acte terroriste », a indiqué M. Zientara. (Avec AFP)

Le