Primaire populaire : « Le but c’était l’union et le résultat c’est une candidature en plus », réagit Mélanie Vogel

Primaire populaire : « Le but c’était l’union et le résultat c’est une candidature en plus », réagit Mélanie Vogel

« Sans surprise », Christiane Taubira a remporté la primaire populaire, dimanche 20 janvier, se plaçant devant les candidats des écologistes, de la France insoumise et du Parti socialiste. Des résultats particulièrement durs pour Anne Hidalgo. Cet exercice de départage n’est pas reconnu par les leaders de ces partis qui fustigent « un outil dévoyé en faveur de Christiane Taubira ».
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Par Héléna Berkaoui

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« Le but c’était l’union et le résultat c’est une candidature en plus », constate la sénatrice écologiste, Mélanie Vogel, après l’annonce des résultats de la Primaire populaire. Plébiscitée par les électeurs de la Primaire populaire, Christiane Taubira est arrivée en tête de ce scrutin. Une victoire qui ne surprend personne mais qui agace à gauche.

Surtout au Parti socialiste. Si les résultats de cette primaire sont plutôt cléments pour les Verts et la France insoumise - leurs candidats se placent respectivement en 2e et 3e position - pour Anne Hidalgo, c’est la douche froide. La socialiste arrive en 5e position, derrière l’eurodéputé, Pierre Larrouturu.

« C’est une consultation digitale, indicative » pour Patrick Kanner (PS)

« Qui est le corps électoral ? », rétorque le patron du groupe socialiste, Patrick Kanner. Pour lui, cette primaire n’en est pas une et n’a de populaire que le nom. « C’est une consultation digitale, indicative », minimise le sénateur du Nord. Pas loin d’être un non-événement, cette primaire ne peut déboucher sur rien d’après lui : « Qu’est-ce qu’il va se passer ? Elle (Christiane Taubira) va arriver et dire « Poussez-vous, c’est moi que vlà ? » »

La Primaire populaire a tout de même réussi à réunir 467 000 inscrits avec un taux de participation s’élevant à 84,1 %, soit 392 738 votants. Un nombre de votants supérieur à celui de la primaire des écologistes ou à celui du congrès des LR. Patrick Kanner nous renvoie là au nombre de participants à la primaire socialiste de 2017 : plus de 2 millions de votants au second tour.

« Anne Hidalgo est la première à avoir voulu l’union », rappelle le sénateur socialiste en référence à l’appel de socialiste pour une primaire de la gauche. Une séquence douloureuse pour la candidate qui a dû faire machine arrière face au refus des autres candidats de gauche. « Yannick Jadot a fait capoter cette primaire alors que, là, on aurait eu un vrai débat », accuse Patrick Kanner.

« Christiane Taubira était la seule candidate de cette primaire »

Pour le sénateur PS du Val-d’Oise, Rachid Temal, outre le fait que Christiane Taubira « était la seule candidate de cette primaire », les modes de désignations interrogent. Contrairement aux scrutins classiques, les sept candidats de la Primaire populaire ont été évalués par les votants qui leur ont attribué des mentions de « insuffisant » à « très bien ». Ainsi, l’ancienne garde des Sceaux a décroché une mention « bien plus ».

Par ailleurs, l’absence de débat est une des critiques faite à cette primaire. « Cela aurait été intéressant s’ils avaient mis des programmes en avant plutôt que des individualités », critique Guillaume Gontard, le président du groupe écologiste au Sénat. Si Europe-Ecologie-Les-Verts ne reconnaît pas les résultats de la Primaire populaire, le fait que le candidat arrive 2e ne peut que les réjouir.

Les Verts veulent seulement retenir le bon score de Yannick Jadot

Le bon score de Yannick Jadot est même « l’enseignement qu’on doit retenir » de cette primaire et la preuve « qu’il y a une dynamique et un projet fédérateur ». L’écologiste indique pour autant que ces résultats ne changeront rien. « Nous sommes à 70 jours de l’élection, nous avons un programme solide qui a été présenté hier, à Lyon. On s’aperçoit ce soir qu’on a juste une candidature de plus et, malheureusement, cela ajoute de la confusion, là où on n’a pas besoin », déplore-t-il.

Comme les socialistes, Guillaume Gontard compte donc faire de cette primaire un événement mineur. « C’est une primaire taillée pour Christiane Taubira. Le taux de participation est important et montre qu’il y a une vraie attente mais le timing n’est pas le bon et cet outil a été dévoyé en faveur de Christiane Taubira », lâche le sénateur de l’Isère.

Lire aussi. Christiane Taubira remporte la Primaire populaire

« On va voir ce qu’il va se passer dans les semaines qui viennent, nous on continue notre campagne parce qu’on pense qu’on a le projet qui répond le mieux aux défis qu’on doit affronter », réagit également la sénatrice écologiste, Mélanie Vogel. La forte mobilisation autour de cette primaire ne doit pas non plus être surestimée, pour elle.

Comme Patrick Kanner, la sénatrice rappelle la mobilisation des 2 millions d’électeurs pour la primaire du PS en 2017 et conclut : « Il n’y a pas forcément de corrélation entre le taux de participation à une primaire et la dynamique de campagne ou la présidentielle ». Les 6 % de Benoît Hamon au premier tour de la présidentielle en 2017 en témoignent.

« Cela ne change rien » pour Jean-Luc Mélenchon

Sur France 5, le candidat de la France insoumise a réagi aux résultats de cette primaire, confirmant que « cela ne change rien » pour lui. Jean-Luc Mélenchon estime que l’ancienne garde des Sceaux n’a fait « qu’enfiler la chaussure qui avait été préparée pour elle ». Et de lâcher : « Je ne suis pas concerné, j’ai été inscrit d’office dans une élection à laquelle je ne voulais pas participer… Je n’ai pas de commentaire à faire ».

Le leader de la France insoumise peut d’ailleurs se féliciter du ralliement surprise d’une des candidates de la Primaire populaire. Après l’annonce des résultats, la militante pour le climat, Anna Agueb-Porterie, a en effet déclaré sur Twitter soutenir Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle. Elle enfonce la Primaire populaire au passage, regrettant que « le résultat divise car il rajoute une candidature de plus ».

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