Démission de Delevoye: la majorité salue son « courage », la gauche veut le retrait de la réforme

Démission de Delevoye: la majorité salue son « courage », la gauche veut le retrait de la réforme

La majorité a salué pour son "courage" le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye après sa démission, jugée logique par...
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Par Pierre ROCHICCIOLI

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La majorité a salué pour son "courage" le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye après sa démission, jugée logique par l'opposition en raison des révélations sur ses activités non déclarées, la gauche estimant que le gouvernement doit retirer une réforme des retraites "discréditée".

Le Premier ministre Edouard Philippe a salué le "sens des responsabilités" du ministre qui, a souligné la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, "a ainsi décidé de ne pas handicaper l'action du gouvernement" déterminé à mener au bout sa réforme des retraites.

Edouard Philippe a aussi souligné "le travail de conviction et de dialogue mené depuis deux ans" par Jean-Paul Delevoye, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation contre ce projet.

Le délégué général de LREM, Stanislas Guerini, a également applaudi une "décision difficile et courageuse". "Il démontre que rien n'est supérieur à l'intérêt de mener cette grande réforme sociale", a-t-il souligné.

Le patron des députés marcheurs Gilles le Gendre a exprimé la "tristesse et le respect" des députés pour "cette décision courageuse": "Rien ni personne ne lui enlèvera d'avoir imaginé et conçu la réforme la plus juste et la plus protectrice en France depuis 1945", a-t-il dit.

Quant au MoDem, partenaire de la majorité, il a adressé un message "de gratitude" au ministre sortant en saluant "l'abnégation qui lui a inspiré sa démission" et "le travail accompli".

L'ancien député PS René Dosière, président de l'observatoire de l'éthique publique, a également rendu hommage à "une décision digne d'un honnête homme". Il "paie ses erreurs ainsi que l'inertie des services du gouvernement", a-t-il jugé, en référence à l'absence de vigilance du secrétariat général du gouvernement sur ses déclarations d'intérêts erronées.

- "Inéluctable" -

Pour l'opposition en revanche, le départ du "Monsieur Retraites" du gouvernement était irrémédiable après les révélations de la presse sur ses omissions dans sa déclaration d'intérêts de ministre, notamment concernant des activités dans les assurances ou à la SNCF.

"Il était temps", a immédiatement réagi le parti socialiste sur twitter.

Pour la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, "la position de M. Delevoye, fragilisée par les mensonges à répétition et les potentiels conflits d'intérêts", était devenue "intenable".

Et, "si le gouvernement espérait encore imposer sa réforme en faisant sauter un fusible, il fait fausse route" car "au-delà du cas personnel de M. Delevoye, les Français attendent une décision politique face à une réforme qu'ils rejettent massivement", a-t-elle mis en garde, en appelant de nouveau à un référendum.

"Enfin, un peu de bon sens", s'est exclamé de son côté le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan, ironisant sur le "regret" exprimé par Emmanuel Macron: "Les gens honnêtes ne le regretteront pas!", a-t-il lancé.

Pour le patron des députés LR Damien Abad, la démission de M. Delevoye "était devenue inéluctable". "A 24H d'un blocage sans précédent du pays, ce départ fragilise un peu plus le gouvernement et rend encore plus incertain le projet de réforme des retraites", a-t-il jugé.

Un avis partagé par la vice-présidente LR de l'Assemblée, Annie Genevard, pour qui cette démission "compromet une vraie réforme pourtant indispensable".

"Ce gouvernement entache de nouveau notre République", a dénoncé pour sa part la député LR Valérie Boyer ironisant sur "la légende" d'une macronie "plus morale que les autres".

Pour la gauche, la démission de Jean-Paul Delevoye doit entrainer le retrait de la réforme des retraites désormais "discréditée", selon le mot du député communiste Sébastien Jumel.

"Delevoye a démissionné. Son projet doit s'en aller aussi. On veut un joyeux noël", a réagi le chef de file de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon.

"Le dernier oubli de M. Delevoye: mettre la réforme dans ses cartons en quittant son bureau", a ironisé l'eurodéputé LFI Manon Aubry pour qui si "l'auteur est disqualifié, le texte ne vaut pas mieux".

Pour le secrétaire national du PCF Fabien Roussel, "le gouvernement est coupé de la réalité". "Qu'ils nous laissent passer les fêtes de fin d'année en paix, qu'ils retirent leur réforme en même temps qu'ils retirent leur ministre", a-t-il lancé, en réponse à Edouard Philippe qui a dit que "chacun prenne ses responsabilités" pour Noël.

Enfin, l'ancien candidat à la présidentielle, Olivier Besancenot (NPA), a estimé que le "séisme politique" de la démission de M. Delevoye discréditait "son rapport" et que, par conséquent, "le projet de loi n'a plus de raison d'être".

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