Fonds Marianne : « Comment, à partir d’un drame, finit-on sur les pieds nickelés et les barbouzes ? », tacle Rachid Temal

Invité de Parlement Hebdo, Rachid Temal est revenu sur les ultimes auditions de la commission d’enquête sur le Fonds Marianne. Le sénateur socialiste a estimé que Marlène Schiappa avait fait preuve de « légèreté », tandis que le témoignage de Mohamed Sifaoui met clairement en cause la gestion de ce fonds, d’après lui.
Louis Mollier-Sabet

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La semaine de travail de la commission d’enquête sur le Fonds Marianne a été rythmée par deux auditions cruciales dans le travail des sénateurs, avec, d’abord, celle de Marlène Schiappa, mercredi. Une audition « surprenante » pour Rachid Temal, où la ministre a fait preuve d’une « forme d’irresponsabilité » en se déchargeant sur son cabinet et son administration.

« Quand on est ministre, on a un cabinet, une administration, on doit être responsable. Les deux préfets qui ont été auditionnés ont été assez honnêtes, ont dit ce qu’ils avaient fait et le préfet Gravel a aussi dit qu’il y avait une forme de commande politique », détaille ainsi le sénateur socialiste.

D’après lui, la ministre « répondait par avance au Parquet National Financier (PNF) », ce qui expliquerait qu’elle ait préféré « passer pour quelqu’un d’assez léger » plutôt que « d’assumer sa responsabilité. » « C’était le crash en direct d’une ministre », conclut ainsi Rachid Temal.

« Mohamed Sifaoui a très clairement dit qu’il avait été approché par Marlène Schiappa et son cabinet »

Le deuxième temps fort de la semaine, c’était l’audition de Mohamed Sifaoui, jeudi. « Il a dit très clairement qu’il avait été approché par Marlène Schiappa et son cabinet pour rentrer dans l’appel à projets. On en revient à pourquoi ce fonds-là ? Vous avez en France des milliers d’associations qui bossent au quotidien sur des choses similaires. Pourquoi ne pas les aider ? On donne le sentiment à ces bénévoles qu’il y a du tripatouillage », a réagi Rachid Temal, « sur le fond », sans commenter l’attitude assez inédite de l’essayiste pour un témoin entendu par une commission d’enquête.

Rachid Temal insiste : « Les associations bossent sur le terrain, elles n’ont pas attendu le Fonds Marianne et Marlène Schiappa. Comment à partir d’un drame, finit-on sur les pieds nickelés et les barbouzes ? » Formulé autrement, c’est la question à laquelle devra répondre la commission d’enquête quand elle rendra son rapport en juillet prochain.

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