Zones à faibles émissions : « Le sujet n’est pas d’emmerder les Français », veut rassurer Christophe Béchu

Zones à faibles émissions : « Le sujet n’est pas d’emmerder les Français », veut rassurer Christophe Béchu

En marge des questions aux gouvernement, le ministre de la transition écologique s’est exprimé sur le sujet hautement inflammable des zones à faibles émissions. Il a voulu être rassurant : pas de contrôle au radar avant au moins deux ans, et selon des modalités qui sont encore à définir. 
Public Sénat

Par Sandrine Tran

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Après la gronde suite aux pénuries de carburants en France, faut-il craindre une gronde face à l’entrée en vigueur progressive des zones à faibles émissions (ZFE) dans les grandes agglomérations françaises ? En marge des questions au gouvernement au Sénat ce mercredi, le ministre de la Transition écologique s’est montré rassurant.

Car il sait le sujet hautement inflammable. Le dispositif, qui prévoit de restreindre d’ici à 2025 la circulation des véhicules les plus polluants dans certains périmètres urbains, fait craindre aux plus modestes d’être exclus des centres-villes.

« Le sujet, c’est de préserver et protéger les plus fragiles »

Une mesure écologique aux fortes conséquences sociales. « Il y a 47 000 morts en France à cause de la pollution atmosphérique, a tenu à rappeler le ministre. Ces concentrations sont dans les endroits les plus urbains. Le sujet du gouvernement n’est pas d’emmerder les Français, ce n’est pas chercher une nouvelle lubie pour chercher à les ennuyer. Le sujet, c’est de préserver et protéger les plus fragiles, c’est-à-dire les personnes âgées et les enfants qui vivent dans ces villes. »

Mardi, le ministre avait organisé une première réunion de suivi sur le sujet et tenu une conférence de presse pour annoncer des aides du gouvernement fléchées à destination des ménages les plus modestes. Les particuliers vivant dans une ZFE pourront notamment souscrire à un prêt à taux zéro à hauteur de 30 000 euros pour l’achat d’un véhicule neuf ou d’une location longue durée. Une aide cumulable avec d’autres comme la prime à la conversion de 7 000 euros.

Des radars à disposition mais dans 2 ans

Mais dans la salle des conférences du Sénat, le ministre a voulu rassurer au sujet des radars, car plusieurs automobilistes craignent des contraventions de classe 4. « Il n’y aura pas de radars avant deux ans », a-t-il exposé. Cependant, cette période passée, le gouvernement mettra à disposition des maires qui le souhaitent ces mêmes radars, dont il faudra « établir la typologie dans les années qui viennent ».

Et le ministre de rappeler qu’à l’heure actuelle, seulement 43 agglomérations en France sont concernées par les ZFE, dont 10 ont déjà mis en place ce type de zone, avec à chaque fois, des modalités différentes.

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