PARIS, Frelon asiatique, Vespa Velutina
Paris, Asia Hornet (Vespa Velutina) on Prunus Serrulata Paris, Frelon asiatique (Vespa Velutina) sur Prunus Serrulata alba//HOUPLINERENARD_HOU1149PLINE/Credit:HOUPLINE-RENARD/SIPA/2304041558

Prolifération du frelon asiatique : la proposition de loi pour préserver la filière apicole adoptée à l’unanimité

Déjà adoptée à l’unanimité en commission de l’aménagement et du développement durable, la proposition de loi, déposée par le sénateur du Lot-et-Garonne, Michel Masset, visant à endiguer la prolifération du frelon asiatique et à préserver la filière apicole, a été adoptée à l’unanimité par les élus en séance publique. Un « changement de dimension » selon les élus de la chambre haute, « le fruit d’un long combat » pour le secrétaire d’Etat à la mer et à la biodiversité, Hervé Berville.
Alexis Graillot

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Une simple confirmation, mais surtout un soulagement pour toute une filière fortement touchée par la prolifération de l’insecte, « responsable de 20% de la mortalité observée dans les ruchers », jusqu’à 40% même dans le département du Lot-et-Garonne.

« Depuis sa détection en 2004, le frelon asiatique a colonisé en moins de deux décennies l’ensemble du territoire national, grâce à sa forte résilience et à des conditions climatiques favorables », explique le rapport, qui propose « un plan national de lutte » contre l’espèce invasive, responsable de près de 12 millions d’euros de pertes pour la filière chaque année.

« Une avancée majeure »

Interrogé à la sortie de l’hémicycle, le secrétaire d’Etat à la mer et à la biodiversité, Hervé Berville, s’est félicité de l’adoption du texte, pour lequel il avait émis un avis favorable. « Ces mesures répondent à une triple menace, pour la filière apicole, pour l’environnement et bien évidemment, pour la santé publique ». Un travail qui n’a cependant pas été de tout repos pour le député de la deuxième circonscription des Côtes-d’Armor, territoire également massivement touché par la prolifération de « cette espèce exotique envahissante ».

« Ce texte est le fruit d’un long combat », rappelle-t-il, souhaitant « saluer la rapidité » du travail parlementaire « transpartisan », alors que ce « fléau » est évoqué depuis maintenant près de deux décennies. « Ce vote constitue une avancée majeure qui permettra de lutter efficacement (…) et reconnaît la menace que représente le frelon asiatique », se réjouit le secrétaire d’Etat.

Pour le rapporteur du texte, Jean-Yves Roux, « le texte (…) met fin au désengagement de l’État en matière de lutte contre le frelon asiatique, qui met à mal la filière apicole et les pollinisateurs sauvages ». Selon le sénateur des Alpes-de-Haute-Provence, « grâce à cette nouvelle architecture normative, les exploitants apicoles pourront dorénavant compter sur l’engagement de la puissance publique, s’inscrire dans le cadre concerté d’une lutte collective et bénéficier d’un régime d’indemnisation spécifique à ce fléau à pattes jaunes ».

« Des moyens financiers dédiés »

Plus exactement, le texte prévoit « un plan de lutte doté de moyens financiers dédiés », s’appuyant sur « un régime d’indemnisation bénéficiant aux exploitants apicoles dont les ruchers ont subi des pertes économiques à cause du frelon asiatique ». Un cadre plus restreint dont Hervé Berville rappelle l’importance « dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques ».

« Le frelon asiatique fait des mouvements circulaires devant la ruche et il va se positionner devant la plage d’envol ou sur le côté. Et dès que l’abeille s’envole, il l’attrape et lui coupe la tête et il ramène le corps au nid pour nourrir les larves. La colonie se met en stress et n’ose plus sortir pour s’alimenter. Elle ne ramène plus de pollen, ni de nectar », expliquait une apicultrice, mercredi 3 avril, chez nos confrères de France 3 Nouvelle-Aquitaine.

Le texte devrait être déposé prochainement sur le bureau de l’Assemblée Nationale, avec un vote, qui devrait une nouvelle fois être favorable : « Il revient maintenant aux députés de transformer l’essai et d’inscrire les évolutions voulues par le Sénat dans notre droit », conclut pour sa part Jean-Yves Roux.

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