800 000 passagers de la compagnie aérienne Transavia vont devoir mettre la main à la poche. La compagnie low-cost du groupe Air France-KLM va réclamer un petit supplément à ces clients qui ont pourtant déjà acheté leur billet d’avion. La raison ? La hausse de la taxe sur les billets d’avion, mesure adoptée dans le cadre du budget 2025, adopté comme on le sait avec retard, par le Parlement, le 6 février dernier, dans un contexte où l’Etat cherche à réduire son déficit.
Le projet de loi de finances prévoit pour les voyages en classe économique, au départ de la France, une hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA). Celle-ci passe à 7,4 euros contre 2,63 euros auparavant pour les vols intérieurs ou vers l’Europe, et double à 15 euros pour les destinations extra-européennes. Les classes luxueuses sont davantage mises à contribution, de même que l’aviation d’affaires.
En classe éco, les passagers devront donc payer 4,77 euros de plus par billet à destination de la France ou de l’Europe, et 7,5 euros pour les destinations intermédiaires.
Hausse de la taxe à partir du 1er mars
Lors du passage du texte au Sénat, le sénateur UDI Vincent Capo-Canellas, ancien maire du Bourget, qui défend le secteur aérien, avait réussi à faire adopter un amendement limitant la hausse de la taxe de 9,50 à 5,30 euros. Mais lors de la commission mixte paritaire, députés et sénateurs s’étaient finalement entendus sur un compromis, fixant la taxe à 7,4 euros. Le gouvernement espère gagner plus de 800 millions d’euros de rentrées fiscales supplémentaires grâce à cette hausse de la TSBA.
La mesure entre en vigueur à partir du 1er mars prochain, soit ce samedi. Transavia a donc décidé de répercuter la taxe. Jusqu’ici, rien de surprenant. Mais la compagnie low-cost a aussi décidé de l’appliquer de manière… rétroactive, sur les billets déjà vendus avant, pour des départs à partir du mois de mars.
« En cas de non-paiement, le client ne pourra pas effectuer son enregistrement en ligne et ainsi obtenir sa carte d’embarquement »
« Afin d’appliquer ce texte, Transavia France a choisi de collecter la totalité de cette taxe pour les voyages prévus à partir du 3 mars 2025 » a expliqué la compagnie dans un communiqué. « En conséquence, les clients en possession d’un billet acheté avant le 28 octobre 2024 et après le 7 décembre 2024, pour un voyage à partir du 3 mars 2025, recevront prochainement un e-mail pour régulariser le paiement ». La hausse avait déjà été répercutée provisoirement sur la période de fin octobre à début décembre, avant que la censure du gouvernement de Michel Barnier ne suspende les débats budgétaires.
Pour justifier cette rétroactivité, Transavia cite ses conditions générales de transport qui prévoient que « le transporteur sera en droit de facturer séparément au passager tous les frais, taxes et suppléments imprévus ». Toujours lire les petites lignes. Et le transporteur ne fera pas de cadeau. La compagnie prévient qu’« en cas de non-paiement, le client ne pourra pas effectuer son enregistrement en ligne et ainsi obtenir sa carte d’embarquement ». Autrement dit, on ne paie pas, on ne monte pas.
Pour ce qui est des réservations faites depuis le 19 février 2025, pas d’inquiétude en revanche, le nouveau niveau de la taxe est déjà inclus dans le prix.
Une mesure rétroactive que n’applique pas Air France
Toutes les compagnies n’ont pas pris la même décision que Transavia. Contrairement à sa filiale, Air France a ainsi décidé de ne pas appliquer une telle hausse rétroactive. « Au regard de son réseau international avec des réservations dans de nombreuses devises et avec de multiples moyens de paiement, de la part importante de clients réservant via des agences de voyages, et du risque de perturbation en aéroport, Air France ne facturera pas à ses clients la différence entre le montant réglé au moment de la réservation et le montant effectivement dû » » a précisé la compagnie à l’AFP. Même décision de la part de la compagnie low-cost britannique, EasyJet.
La Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (Fnam), qui rassemble le secteur aérien français, rappelle qu’elle « avait pris soin d’alerter le gouvernement et le Parlement sur les difficultés créées, pour les compagnies aériennes comme pour les passagers, par l’absence de mise en place d’un délai suffisant entre l’adoption de la loi de finances et l’entrée en vigueur de la hausse de la taxe ». Si les prix ne devraient pas pour autant décoller vers des sommets à cause de la taxe, ils ne sont pas près de décrocher.