Anne Hidalgo : "Peut-être faudrait-il que les Verts s’occupent un peu plus des candidats UMP"
Anne Hidalgo, première adjointe de Bertrand Delanoë et tête de liste PS à Paris pour la campagne des régionales en Ile-de-France, dénonce la « fébrilité des candidats UMP », après la proposition du tête de liste en Seine-Saint-Denis de créer des wagons réservés aux femmes pour la sécurité. Il est depuis revenu sur ses propos. Anne Hidalgo répond par ailleurs aux groupes Verts et UMP du conseil de Paris qui l’accusent d’utiliser les moyens de la ville pour sa campagne. Entretien.
Bruno Beschizza, tête de liste UMP de Seine-Saint-Denis pour les régionales en Ile-de-France, s’est déclaré pour la mise en place de wagons vidéo surveillés réservés aux femmes le soir, avant de revenir sur ses propos, expliquant que « ces rames (étant) bien sûr ouvertes à tous ». Quelle est votre réaction ?
Sur sa proposition initiale, je ne pense pas qu’une société qui dit « il faut des wagons pour les femmes et les garçons » soit la bonne solution. Je me suis toujours battue pour l’égalité et la mixité. Ça relève d’un combat d’arrière-garde. C’est une mesure qui oppose les Français les uns aux autres. Je ne suis pas pour la séparation des sexes dans les transports en communs. Mais oui, je suis pour la sécurité.
A vouloir tout instrumentaliser, Bruno Beschizza s’est hasardé à faire des propositions qui ne tiennent pas la route. C’est choquant du point de vue de la laïcité. Car la laïcité, c’est aussi travailler sur l’égalité, ne pas accentuer la différence entre les sexes.
Les propos de Bruno Beschizza sont-ils un couac ?
Oui, un de plus. On assiste là à une forme de fébrilité des candidats UMP. On avait déjà eu Chantal Jouanno qui proposait l’automatisation de la ligne 14 (qui l’est déjà, ndlr). Bruno Beschizza revient sur ses propos. Tout ça n’est pas très préparé, pas très sérieux.
Mais ne faut-il pas trouver les moyens de lutter contre l’insécurité dans les transports ?
La région a investi dans ce domaine. C’est un sujet important dans lequel nous entendons proposer des mesures efficaces. Jean-Paul Huchon a investi dans la construction de commissariats, dans la vidéo protection dans les transports publics. On assume notre implication.
Les groupes Verts et UMP du conseil de Paris vous accusent d’utiliser la ville, et notamment son site Internet, pour faire votre campagne. Que leur répondez-vous ?
Je vais continuer à être première adjointe au maire de Paris et continuer à assumer. Les intimidations des uns et des autres ne vont pas m’empêcher de faire les réunions qui permettent d’avancer sur le projet des Halles par exemple. J’ai tenu une conférence de presse avec des adjoints Verts et PC la semaine dernière. Je vais continuer. Je suis effectivement dans une activité très soutenue et je n’entends pas fléchir. Je ne m’amuse pas à mélanger les genres pendant la campagne des régionales. Pour les déplacements de campagne, j’ai une voiture qui me conduit avec un militant payé par la fédération de Paris. Je me sens très à l’aise. Peut-être faudrait-il que les Verts s’occupent un peu plus des candidats UMP qui font campagne depuis leur cabinet ministériel.
Propos recueillis par François Vignal
Mardi 2 février 2010
Frêche menace de saisir la justice, Montebourg "l'attend dans le pré avec les témoins à l'aube"
Alors que le bureau national du PS doit officiellement investir la liste d'Hélène Mandroux ce mardi pour les régionales en Languedoc-Roussillon, Georges Frêche contre-attaque et menace de saisir la justice "pour non respect du vote des militants".
Réponse chevaleresque d'Arnaud Montebourg, secrétaire national du PS à la rénovation: "qu'il aille on attendra dans le pré avec nos témoins à l'aube"
Regardez la vidéo:
Vendredi 29 janvier à 12h59
Villepin en appel : « C’est dangereux pour tout le monde », selon Georges Tron
Dominique de Villepin devra retourner devant le juge, le parquet ayant décidé de faire appel de la relaxe prononcée hier. « Il n’y a pas d’ambigüité sur le caractère politique de la décision », selon le député villepiniste Georges Tron, interrogé par Public Sénat.fr. Estimant que « c’est un mélange de crainte et d’acharnement personnel » mais aussi de haine, de la part de Nicolas Sarkozy, il dénonce un « calendrier dangereux pour tout le monde, pour la majorité », alors qu’un pourvoi en cassation prolongerait l’affaire jusqu’en 2012. Entretien.
Le procureur Jean-Claude Marin a décidé de faire appel. Une décision politique ?
Je n’imagine pas, dans cette affaire, que le procureur prenne tout seul la décision de faire appel. Il n’y a pas d’ambigüité sur le caractère politique de la décision. D’ailleurs l’appel était réclamé hier soir par les proches du chef de l’Etat et vertement approuvé ce matin par les mêmes.
Avez-vous été surpris de la décision du parquet ?
Nous n’avons pas été surpris, tant nous avions imaginé tous les scenarios. Pourtant les attendus du tribunal étaient clairs : ils exonèrent Dominique de Villepin de toutes responsabilités. C’est tellement clair que ça a surpris tant du côte du parquet que de l’Elysée.
Dominique de Villepin inquiète-t-il Nicolas Sarkozy ?
Il y a quelque chose, quelque part, qui relève d’un sentiment personnel de Nicolas Sarkozy. C’est un mélange de crainte et d’acharnement personnel.
De haine personnelle aussi ?
Oui je pense. Mais si sur le plan juridique, c’est assez incongru, sur plan politique, c’est aller à l’encontre de ce qu’espèrent les élus et militants. Des députés sarkozystes nous ont dit hier clairement, comme Chantal Brunel qui l’a dit publiquement, qu’il fallait aller vers l’apaisement et se réjouir que cette page se tourne.
Quand un procureur requiert une peine mais que le juge prononce la relaxe, n’est-il pas classique que le parquet fasse appel ?
Mais ce n’est pas classique d’avoir le président de la République partie civile. Ce n’est pas classique de voir les collaborateurs du chef de l’Etat appeler de leurs vœux la décision de faire appel, sachant que le Président donne ses instructions à la garde des Sceaux.
Le procès en appel pourrait avoir lieu fin 2010-début 2011. Est-ce un moyen de mettre de nouveaux bâtons dans les roues à Dominique de Villepin à l’approche de 2012 ?
L’instrumentalisation de la justice se retourne toujours contre ceux qui l’utilisent. Si c’est un calcul, c’est un calcul extrêmement dangereux. On sera dans une logique d’un procès lancé début 2011, avec une audience courant 2011, et éventuellement la cassation pour 2012. Ce calendrier est dangereux pour tout le monde, pour la majorité en particulier, pour celui qui sera notre candidat. Cela créera une division interne qui aura des transpositions sur le plan politique. Est-il bon d’avoir une majorité qui se divise sur la place publique ? C’est absurde.
Diriez-vous que l’acharnement de Nicolas Sarkozy contre Dominique de Villepin le rend aveugle ?
Je ne dirais pas cela. Mais ça rend difficilement compréhensible certaines attitudes.
Recueilli par François Vignal
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