Mort de Quentin : Gérald Darmanin souhaite une peine d’inéligibilité contre « toute personne condamnée pour avoir encouragé à la violence physique » 

Les interventions se sont multipliées au Sénat, ce mercredi, pendant la séance de questions d’actualité au gouvernement, autour de la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. Les élus de droite et du bloc central ont largement reproché à LFI sa proximité avec la mouvance d’ultra gauche, citée dans cette affaire. Le garde des Sceaux a annoncé vouloir assortir les condamnations pour incitation à la violence d’une peine d’inéligibilité, visant explicitement le député LFI Raphaël Arnault.
Romain David

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Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, a appelé ce mercredi la classe politique à isoler la France insoumise, quatre jours après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, battu par plusieurs personnes en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Lyon. « Il est heureux que des personnalités politiques de tous bords puissent condamner toute alliance politique avec la France insoumise, qui n’a pas encore eu aujourd’hui les mots de compassion pour la famille de Quentin », s’est-il félicité à l’occasion de la séance de questions d’actualité au gouvernement au Sénat.

« Nous devons dire ici, comme l’a dit le président François Hollande ce matin à la télévision, que jamais plus la gauche raisonnable, responsable, laïque, démocratique ne s’allie avec La France insoumise », a martelé le garde des Sceaux sous les applaudissements des élus. « Ceux qui ont tué ont un nom, c’est l’ultra-gauche et l’extrême-gauche », a-t-il encore lancé. Une manière de cibler directement LFI, désormais étiquetée à l’extrême gauche par les services du ministère de l’Intérieur en vue des municipales.

« Des gens qui jouent contre la République à l’intérieur de la République »

Après l’interpellation de onze personnes, dont un assistant parlementaire du député insoumis Raphaël Arnault, la classe politique appelle le mouvement de Jean-Luc Mélenchon à exclure de son groupe parlementaire le jeune élu. Raphaël Arnault est par ailleurs le fondateur du groupe d’ultragauche « La Jeune Garde », cité dans l’enquête sur le meurtre de Quentin Deranque. Si sa dissolution a été prononcée en juin par l’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, un recours contre cette décision a été formulé devant le Conseil d’Etat.

Rebondissant sur la récente proposition d‘Emmanuel Macron d’assortir les condamnations pour propos ou actes antisémites d’une peine complémentaire d’inéligibilité, Gérald Darmanin a fait part de sa volonté d’élargir ce dispositif « à toute personne condamnée pour avoir encouragé à la violence physique. » « Pour que jamais des gens d’ultra-gauche ou d’ultra-droite puissent être naïvement acceptés dans les rangs de formations politiques, et que plus jamais, ni à l’Assemblée, ni au Sénat, nous ayons des gens qui jouent contre la République à l’intérieur de la République », a-t-il martelé.

« Je pourrais, avec les LR et d’autres ici, faire voter rapidement ce texte pour que plus jamais des gens comme Raphaël Arnault et ses collaborateurs ne puissent émettre un doute sur la sincérité de leur engagement républicain », a-t-il promis.

« Une incroyable proportion de délinquants au sein des députés LFI »

Ce mercredi, les prises de paroles se sont multipliées au Palais du Luxembourg, parmi les bancs de la droite et du bloc central, pour dénoncer le rôle joué par LFI dans la crispation du débat public. « LFI et ses satellites font de la violence verbale et physique une stratégie de déstabilisation de notre République. Comment accepter de laisser rentrer dans nos assemblées nationales ou locales des personnes qui prônent la haine et la violence comme moyen d’action ? », a interpellé le sénateur lyonnais et ancien ministre François-Noël Buffet. Un peu plus tôt, son collègue Claude Malhuret a fustigé « l’incroyable proportion de délinquants au sein des députés LFI : fichés S, dealers, condamnés pour violences aggravées, violences sexuelles, violences conjugales et jamais exclus du groupe parlementaire ou du parti. »

« Comment peut-on dire à tous les Français qu’ils doivent être rassurés quand des responsables politiques n’hésitent pas à appeler à la violence, à la haine, diffusent des messages antisémites, poussent à la ségrégation, au communautarisme, font élire des fichés S, crient à l’intifada dans les rues de Paris », a également énuméré le LR Roger Karoutchi.

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