Ukraine : « Je veux que les Etats-Unis comprennent clairement que Poutine leur ment », enjoint le président du Parlement ukrainien

Au micro de Public Sénat Ruslan Stefanchouk, le président du Parlement ukrainien, estime que seule « la suprématie technologique » permettra à Kiev de reprendre le dessus face à Moscou. Il invite également les Américains à refuser une éventuelle médiation du président russe entre l'Iran et Israël, option à laquelle Donald Trump semble donner du crédit.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« L’Ukraine ne va pas capituler ». Invité de Public Sénat, Ruslan Stefanchouk, président de la Rada, le Parlement ukrainien, a redit la détermination de son pays à l’emporter sur l’agresseur russe ce mercredi 18 juin. La veille, une nouvelle série de bombardements sur la capitale Kiev a fait une vingtaine de morts, éloignant un peu plus la perspective d’un cessez-le-feu réclamé par les Etats-Unis. « Nous voulons nous battre et survivre, c’est pour cela que nous nous tournons vers le monde entier pour pouvoir nous aider », a-t-il expliqué.

En début d’après-midi, ce responsable ukrainien a pu prononcer une allocution solennelle dans l’hémicycle du Sénat français. Face aux atermoiements de Donald Trump, il a appelé les Européens à faire front. À plus forte raison après un G7 qui s’est conclu sans déclaration commune sur le dossier ukrainien. « J’aimerais que nos partenaires défendent l’Ukraine avec autant d’acharnement que la Russie veut détruire l’Ukraine, que nos partenaires se battent sans demi-actions, sans semi-décisions, mais pleinement tous les jours », a-t-il déclaré, profitant du 85e anniversaire de l’appel du 18 juin pour dresser un parallèle entre l’invasion de 1940 et celle de l’Ukraine par la Russie.

« Nous ne pouvons pas rentrer dans une guerre d’usure contre la Russie »

« Aujourd’hui, j’ai dit clairement aux partenaires nos besoins. […] Nous avons besoin de la défense anti-aérienne pour protéger nos concitoyens, mais également d’armements pour pouvoir changer la tendance sur le champ de bataille et protéger nos sites énergétiques. Ce sont nos deux priorités », explique Ruslan Stefanchouk sur Public Sénat.

« Nous ne pouvons pas rentrer dans une guerre d’usure contre la Russie », ajoute le président de la Rada. « Nous sommes témoins d’un nouveau type de guerre, la guerre à haute technologie. La question financière est très importante mais la question technologique est encore plus importante », souligne-t-il. « Il nous faut une suprématie technologique pour l’emporter. »

« Poutine doit être châtié selon les règles du droit international »

Depuis vendredi 13 juin, les bombardements israéliens contre l’Iran et son programme nucléaire ont recentré l’attention des dirigeants occidentaux vers la situation au Moyen Orient. Allié du régime de Téhéran, Vladimir Poutine a proposé de jouer les médiateurs entre les deux pays. Donald Trump s’est dit « ouvert » à cette option à l’occasion d’un entretien avec la chaîne américaine ABC News.

Sur notre antenne, Ruslan Stefanchouk appelle à ne pas laisser le président russe instrumentaliser ce conflit pour se racheter une caution internationale. « Le tueur et l’assassin qu’est Poutine doit être châtié selon les règles du droit international », lâche-t-il. « La confiance envers Poutine est rompue, et je veux que les Etats-Unis comprennent clairement que Poutine leur ment », martèle le président de la Rada. « Il n’a jamais respecté, à aucun moment, les accords qu’il avait signés », conclut-il.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Russia Ukraine War
8min

International

Isolée sur le Mercosur, la France a-t-elle perdu son influence en Europe ?

Minée par la crise politique et budgétaire, la France n’a pas réussi à former une minorité de blocage pour empêcher les 27 de voter en faveur du traité de libre-échange avec les pays du Mercosur. Malgré cette déconvenue et l’isolement relatif de Paris sur cette question, Emmanuel Macron conserve un rôle d’entrainement sur des dossiers brûlants, à commencer par celui de la défense européenne.

Le

5min

International

Mère de famille tuée par la police américaine : « Cette chasse aux migrants se fait largement au faciès »

Mercredi, aux États-Unis, un policier de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), la police fédérale de l’immigration, a tué une femme au volant de son véhicule lors d’une opération à Minneapolis. La victime, Renee Nicole Good, âgée de 37 ans, était de nationalité américaine et mère d’un enfant de 6 ans. Cet évènement s’inscrit dans le cadre d’un durcissement violent de la politique fédérale américaine selon Ludivine Gilli, historienne et directrice de l'Observatoire de l'Amérique du Nord à la Fondation Jean-Jaurès.

Le

Ukraine : « Je veux que les Etats-Unis comprennent clairement que Poutine leur ment », enjoint le président du Parlement ukrainien
4min

International

Guyana : le Sénat insiste sur la nécessité de développer la coopération régionale

Seul Etat européen présent en Amérique du Sud, la France doit y devenir « un acteur régional clé », considère la commission des Affaires étrangères du Sénat. Dans un rapport présenté ce mercredi, les élus formulent vingt recommandations pour renforcer les relations entre Paris et le Guyana, et lutter contre les activités illégales en Guyane.

Le

Ukraine : « Je veux que les Etats-Unis comprennent clairement que Poutine leur ment », enjoint le président du Parlement ukrainien
5min

International

Venezuela : « L’action de Trump sera une forme de légitimation de l’impérialisme de Vladimir Poutine et de Xi Jinping », juge une ancienne ambassadrice de France en Chine et en Russie

Auditionnée par la commission des affaires étrangères du Sénat, l’ancienne ambassadrice de France, Sylvie Bermann, a détaillé les conséquences internationales de la capture de Nicolás Maduro soulignant le retour de l’impérialisme et le recul de l’influence européenne.

Le